Vues des marchés-Janvier 2016

Vues des marchés-Janvier 2016

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Frédérick Castonguay, CFA

Chef des investissements

Frederick.Castonguay@bluebridge.ca

Vues des marchés-Janvier 2016

Qu’a-t-on fait du rallye du Père Noël ?

Je vais tout d’abord commenter les résultats du mois de décembre pour ensuite résumer l’année dans son ensemble. Les statistiques montrent que l’indice S&P 500 augmente normalement d’environ 2 % durant la fin de l’année, une période fructueuse connue sous le nom de « rallye du Père Noël ». Ce phénomène a lieu entre la mi-décembre et le début janvier et, jusqu’à maintenant, il a été positif dans 80 % des cas. Cependant, les résultats de cette année n’étaient pas aussi remarquables. Le rendement de l’indice S&P 500 est resté stagnant du 15 au 31 décembre, indiquant 2043 points au commencement et à la fin de cette période. À la première séance du mois de janvier, l’indice a reculé de 2 % !

Une question se pose : pourquoi ces résultats ? Quelques facteurs peuvent expliquer la différence dans les résultats de cette année. Premièrement, la Réserve fédérale américaine a haussé les taux d’intérêt le 16 décembre, ce qui a accru l’instabilité du marché aux cours des jours suivants, une réaction normale après une hausse des taux. Cette hausse confirme que l’économie des États-Unis est stable, mais elle met aussi fin à la politique monétaire de taux presque nul mise en place depuis la crise financière. Les investisseurs doivent garder l’œil ouvert sur la hausse des coûts d’emprunt et son impact sur les résultats financiers.

Deuxièmement, les rendements du marché boursier étaient généralement faibles au courant de l’année et de nombreuses actions boursières étaient en baisse ; l’augmentation des ventes à perte à des fins fiscales a donc eu plus d’impacts négatifs sur les marchés qu’à l’habitude. Ces ventes à perte à des fins fiscales ont généralement lieu entre la mi-novembre et le 21 décembre. Si l’on ajoute ce facteur à la hausse des taux par la réserve fédérale, il n’est pas surprenant de voir des rendements négatifs en décembre.

Qu’est-ce qui a fait couler beaucoup d’encre en 2015 ? Le dollar américain ! En général, les actions, les obligations et les fonds spéculatifs n’ont pas produit grand chose mesuré en dollar américain. Les matériaux et l’industrie de l’énergie ont tous deux été affectés par la force du dollar américain et de la surproduction d’une majorité des produits de base. Le Canada a dû encaisser les coups en raison de son économie axée sur ses ressources naturelles.

Les investisseurs canadiens et européens pourraient croire qu’ils ont réalisé de bons rendements au cours de l’année 2015. Toutefois, pour maintenir le même niveau de richesse qu’en 2014, le portefeuille d’un investisseur canadien aurait dû générer un rendement de 16 % pour contrer la faiblesse du dollar canadien. Quant aux investisseurs européens, leur portefeuille aurait dû générer un rendement de 10 % pour compenser la perte de l’euro comparativement au dollar américain.

Voilà toute l’histoire de 2015. Espérons une meilleure année 2016 !