Le risque politique

Le risque politique

Stanislas de Saint Blanquat

Responsable des Relations Client

stanislas.desaintblanquat@bluebridge.ca

Le risque politique

Il y a quelques semaines ont eu lieu les élections législatives aux Pays-Bas dont les électeurs ont accordé une majorité au premier ministre libéral en place. Il y a quelques jours, le Royaume-Uni a officiellement déclenché son départ de l’Union européenne, mais la nouvelle qui avait déjà été digérée n’a pas impacté les marchés. Le prochain évènement au calendrier est l’élection présidentielle française. En effet, le scrutin national approche à grands pas,  le 7 mai prochain la France aura désigné son nouveau président. Cependant, sous la Vème république, l’issue d’une élection présidentielle n’a jamais été aussi incertaine et lourde de conséquences. Certains analystes s’accordent à dire que les marchés financiers sous-estiment les risques politiques. La récente montée des mouvements populistes observés dans plusieurs pays européens n’a que fébrilement fait réagir les acteurs du secteur. Pour démontrer cette théorie, des analystes de Crédit Suisse ont mis au point « un baromètre du risque politique » permettant de mesurer le degré d’inquiétude face à des évènements à venir. Le résultat obtenu, 2 sur 10, révèle et confirme le manque d’inquiétude perçu sur les marchés. Néanmoins, ces derniers ne se sentent pas tous concernés de la même manière. Le marché des capitaux ainsi que celui des crédits ne montrent pas de signes significatifs quant à l’échéance à venir. En revanche, celui des devises est une tout autre histoire, les élections françaises représentent un risque très sérieux pour l’Union européenne et la monnaie unique. En cas de victoire du Front National, aussi inimaginable soit-elle, le message envoyé serait clair et sans détour, entrainant probablement une hausse de la volatilité sur les marchés. Dans ce contexte, grand nombre d’investisseurs se tourneront vers des valeurs dites « refuges », l’or ou des devises comme le franc suisse, ayant la réputation d’être un rempart dans des périodes de forte volatilité. La BNS a d’ailleurs anticipé cette situation en renforçant récemment ses interventions pour être en mesure de contrer une pression à la hausse du franc. Cependant, des économistes de sociétés de gestions considèrent ces risques et cherchent à anticiper tous les scénarios possibles afin de pouvoir les contrer en préparant différentes  stratégies à mettre en place lors des résultats. Dans les différents scénarios relayés, en voici trois qui me paraissent cerner la situation :

-La victoire d’un président bénéficiant d’une majorité lui permettant d’accélérer les réformes nécessaires.

-La victoire d’un président sans majorité dont le pouvoir sera donc très limité,  se retrouvant dans une situation délicate pour agir concrètement.

-Un président qui avec ou sans majorité voudra faire sortir la France de la zone euro et se défaire de la monnaie unique. Comme vous pouvez vous en douter, ces trois scénarios auraient des répercussions très différentes sur les marchés financiers et plus généralement sur l’économie.