Revue du marché – 1er trimestre 2017

Revue du marché – 1er trimestre 2017

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Revue du marché – 1er trimestre 2017

Les marchés ont connu un bon début d’année, avec le S&P 500 et le MSCI Europe gagnant chacun 6,0% au premier trimestre et l’indice MSCI Emerging Market progressant de 7,8% (tous dans les monnaies locales). Le marché haussier des États-Unis est dans sa 9e année et les actions américaines ne sont pas bon marché sous toutes mesures, comme nous l’avons souligné depuis un certain temps maintenant. Cependant, une dislocation de valorisation peut durer un certain temps. Il ne faut pas oublier que le marché boursier est, à la base, un marché où existent les lois de l’offre et de la demande. Donc, tant que les principaux biens (des actions dans ce cas-ci) sont en forte demande par rapport à l’offre disponible, le prix de ces produits continuera d’augmenter malgré leur valeur économique sous-jacente réelle. Avec peu d’autres possibilités attrayantes, notamment un marché obligataire offrant des taux de rendements historiquement bas, les investisseurs ont continué à faire la file pour acheter des actions américaines comme option par défaut.

L’effet Trump, les attentes de forte croissance des bénéfices dans toutes les régions, les valorisations attrayantes pour les actions européennes et les marchés émergents ainsi que l’amélioration de la toile de fond économique pour l’Europe ont contribué à soutenir le momentum et le sentiment positif pour les actions en janvier et février. Mars a peut-être été un tournant. Avec un indice S&P 500 qui n’a pas bougé, les principaux indicateurs de momentum et de sentiment ont soudainement inversé leur cours. Cela était visible dans les faibles rendements des secteurs sensibles à la conjoncture économique tels que les financières et les titres à petite capitalisation. Ce changement peut être attribuable à l’augmentation des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, au ton conciliant de la présidente Yellen, à la réaction des investisseurs relativement à l’incapacité du président Trump d’obtenir suffisamment de votes pour abroger Obamacare, ou bien à la première ministre britannique, Theresa May, qui déclenche le processus (article 50) pour le Brexit. De plus, n’oublions pas la nervosité du marché avant le premier tour des élections françaises d’avril.

La technologie a été, de loin, le secteur le plus performant au cours du trimestre, alors que l’énergie était clairement le pire, principalement en raison du prix du pétrole en baisse de 3,12 $ (environ 6%) à 50,60 $. Le secteur des services financiers a également sous-performé le marché au cours des trois premiers mois. En tant que tels, les titres de style croissance ont fortement surpassé ceux de style valeur au cours de la période. Cette divergence dans la performance des secteurs et des styles s’est reflétée dans les rendements des gestionnaires d’actions, alors que ceux qui favorisent un biais pour la croissance et/ou la qualité ont nettement été les meilleurs.

Le marché des obligations, quant à lui, demeurait à l’intérieur d’un certain intervalle restreint. Le taux de rendement sur le bon du trésor américain de 10 ans, qui a démarré l’année à 2,44% et a été en hausse face à la réunion de la Fed, jusqu’à 2,63%, est tombé à 2,39% à la fin du mois de mars, alors que les investisseurs achetaient des obligations, malgré la hausse de 0,25% du taux directeur de la Fed. Cela a entraîné un aplatissement de la courbe de rendement, qui peut être considéré par certains comme un signal baissier pour l’économie et les marchés boursiers. En Europe, le rendement du Bund allemand de 10 ans a varié entre 0,20% et 0,50% au cours du trimestre, en clôturant à 0,33%. En tant que telles, les performances des obligations d’État américaines sont restées modestes à 0,68%, tandis que celles de la dette souveraine européenne continuent d’être négatives. En contrepartie, les obligations souveraines japonaises, les dettes des marchés émergents et les obligations mondiales à haut rendement ont toutes offertes des gains entre 3,0% et 4,0% (en USD). Dans un environnement difficile pour les investisseurs obligataires, les gestionnaires qui préconisent des stratégies avec le moins de contraintes ont généré les meilleurs résultats.

Les fluctuations du sentiment des investisseurs peuvent également être observées sur le marché des changes. L’euro, par exemple, qui a débuté l’année à 1,05 $, est passé à 1,08 $ à la fin de janvier, a par la suite retrouvé sa valeur de départ au début de mars, avant de clôturer le trimestre à 1,065 $. Le dollar canadien a  fluctué de façon similaire au cours du trimestre, après avoir commencé 2017 à 0,74 $, a atteint un sommet de 0,77 $, pour finalement clôturer à 0,75 $. Enfin, l’or a été l’un des actifs les plus performants du trimestre, gagnant 8,9%, alors que le prix a atteint 1249,20 $ l’once à la fin du mois de mars.