Retour aux fondamentaux

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Retour aux fondamentaux

Maintenant que le choc initial du Brexit est derrière nous et que les prévisions pour la prochaine hausse des taux de la Réserve fédérale américaine sont repoussées à 2017, les investisseurs se sont tournés vers les bases de l’économie, telles que la croissance économique et les revenus des sociétés. Les contrecoups du Brexit commencent à transparaître dans certaines données économiques, que ce soit pour le Royaume-Uni ou ses partenaires commerciaux. Par exemple, l’indice des directeurs d’achats du secteur de la fabrication du Royaume-Uni a chuté pour atteindre 48,2 en juillet, alors qu’il était évalué à 52,1 en juin. Depuis 2013, c’est première fois que l’indice chute sous la barre des 50,0, ce qui indique une contraction. Toutefois, puisque la saison des résultats est en cours, l’attention est davantage portée sur l’annonce des prévisions et des performances des sociétés que sur l’économie.

Sur tous les marchés boursiers, les gains affichés ont continué à être freinés par la faiblesse du secteur de l’énergie. Comme le démontrent les résultats du deuxième trimestre publiés par les deux tiers des entreprises américaines qui composent le S&P 500, les bénéfices sont en baisse de 3,3 % par rapport à l’an dernier selon Bloomberg. En revanche, si l’on fait abstraction du secteur de l’énergie, le reste du marché a enregistré une hausse de 1,1 %. Pour la même période, les chiffres d’affaires (une mesure plus stable de la croissance des entreprises qui est moins sujette aux manipulations comptables) ne sont que légèrement plus encourageants : ils affichant un taux de croissance de 1,1 %, ou de 3,0 % en excluant le secteur de l’énergie. Entre-temps, la situation est encore plus inquiétante en Europe. À la lumière des résultats publiés par les deux tiers des entreprises faisant partie de l’indice Stoxx Europe 600, les profits sont en baisse de 14,3 % (-12,3 % à l’exclusion du secteur de l’énergie), tandis que les ventes ont chuté de 5,5 % (-4,6 % sans tenir compte de ce même secteur).

Bien que les chiffres ci-dessus semblent assez alarmants, il convient de souligner que les prévisions de bénéfices étaient à la baisse depuis le début de l’année sur l’ensemble des marchés. À ce titre, le constat annoncé pour cette saison des résultats a, dans l’ensemble, dépassé les attentes des analystes. Ces bonnes surprises concernant les bénéfices ont propulsé les marchés boursiers : les rendements de juillet ont été élevés, comme le soulignent les gains de 3,69 % et de 3,51 % pour le S&P 500 et le MSCI Europe (en devises locales). On peut supposer que la plupart des mauvaises ventes des entreprises et la pauvre croissance des bénéfices avaient déjà été anticipées par les investisseurs. Il est réconfortant de constater que les sociétés et secteurs présentant les meilleures perspectives de croissance, comme les secteurs industriel, des biens de consommation cyclique et des soins de santé, sont récompensés.

Après la tourmente entourant le Brexit, les investisseurs semblent avoir repris leur souffle en juillet. C’est l’été, après tout. Une saison des résultats plutôt positive a contribué à ramener la volatilité du marché à des niveaux faibles, comme le démontre l’indice VIX, qui est replongé à 11,9 après avoir atteint 25,6 en juin. Quant à eux, les taux d’intérêt, les obligations et les devises ont peu varié au cours du mois en dehors de l’environnement de rendement élevé. Les écarts des taux d’intérêt ont continué à se resserrer, faisant en sorte que le secteur d’obligations affichant la meilleure performance était celui des obligations à haut rendement, avec un rendement de 2,55 % pour le mois (Barclays Global High Yield Index en USD).

En tant qu’investisseurs fondamentaux, nous apprécions et préférons certainement ce type d’environnement de marché.