Renversement en or

Renversement en or

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Frédérick Castonguay, CFA

Chef des investissements

Frederick.Castonguay@bluebridge.ca

Renversement en or

Suite aux revirements importants du mois de mars, les marchés ont, de manière générale, gardé le cap sur une tendance à la hausse au cours du mois d’avril. De fait, l’indice S&P 500 a progressé de 6 points pour atteindre 2065, et l’indice EURO Stoxx a clos le mois à 3028 suite à une augmentation de 24 points. La clé de ce succès ? Tous les gains réalisés en mars étaient liés, d’une façon ou d’une autre, au pétrole et aux produits de base. Le pétrole par exemple a connu une hausse de 20 % au cours du mois ; cette remontée a fait profiter toute l’activité liée à ce secteur. Citons entre autres, la Bourse de Toronto et le dollar canadien, lesquels ont progressé respectivement de 3,4 % et de 3,6 %. Cette situation s’est avérée favorable pour les investisseurs américains ayant placé des capitaux au Canada, car le rendement généré a été excellent au mois d’avril.

La hausse subite du prix du pétrole a été surprenante, surtout dans un contexte où les stocks ont atteint un niveau historiquement élevé et l’offre excédentaire s’est maintenue par rapport à la consommation. Pour faire en sorte que le prix du baril de pétrole se maintienne à 45 USD ou connaisse une hausse, nous estimons qu’il est nécessaire d’équilibrer le rapport mondial de l’offre et de la demande. Qui plus est, nous devons assister à une baisse des stocks mondiaux pour que les prix puissent augmenter. Si une telle situation ne se produit pas, une chute du prix du pétrole et un sort similaire pour le dollar canadien et le secteur de l’énergie sont à prévoir. Or, alors que la guerre pour les parts de marchés du secteur pérolier se poursuit, ce sont les consommateurs qui en ressortiront gagnants.

Pour ce qui est des taux d’intérêt, contrairement aux attentes, la Réserve fédérale n’augmenterait pas le taux des fonds fédéraux ; la hausse serait même reportée à plus tard dans l’année. Cette situation a fait persister la dépréciation du dollar américain par rapport à la plupart des autres devises. Cependant, le déclin du dollar pourrait être de courte durée puisque l’économie américaine est l’une des plus prospères au monde. Si l’économie américaine venait à ralentir, situation attribuable à l’approche de la fin du cycle économique amorcé en 2009, le dollar américain conserverait son rôle de monnaie refuge lors d’un ralentissement économique mondial.

En dernier lieu, le prix de l’or a continué de progresser en avril pour afficher une augmentation de 22 % en dollars américains depuis le début de l’année. L’or fait figure de valeur refuge en cas d’incertitude économique. Toutefois, la détention d’or n’a pas que des défenseurs : ce métal ne génère aucun revenu comparativement au revenu fixe, entre autres. Néanmoins, vu le contexte que nous connaissons aujourd’hui avec les obligations japonaises et européennes qui génèrent un rendement négatif, un grand nombre d’investisseurs préféreraient ne percevoir aucun revenu plutôt qu’un revenu négatif. Les gouvernements peinent à fournir les munitions nécessaires pour stimuler la croissance économique. Pourtant, si nous approchons de la fin d’un cycle économique mondial comme mentionné précédemment, la solution réside dans la diversification du portefeuille et si possible, dans la détention d’or.