Ni farce ni bonbon !

Ni farce ni bonbon !

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Frédérick Castonguay, CFA

Chef des investissements

Frederick.Castonguay@bluebridge.ca

Ni farce ni bonbon !

Habituellement, le mois d’octobre engendre d’importantes fluctuations du marché, qu’elles soient à la hausse ou à la baisse, mais cette année la situation est différente. L’ambiance d’octobre est restée dans la continuité de celle de septembre, les investisseurs restant principalement sur la touche en attendant la preuve d’une reprise de croissance économique. Entre-temps, le monde attend avec impatience les résultats de l’élection présidentielle américaine ce 8 novembre. Les marchés boursiers ont été relativement stables, mais en baisse lorsqu’ils sont mesurés en monnaie américaine. Pour le mois, le S&P 500 a subi une baisse de 1,1 % en dollars alors que l’indice Euro Stoxx 50 est en hausse de 1,8 % en devise locale. Toutefois, après l’ajustement de la perte qu’a subie l’euro contre le dollar en octobre, l’indice européen a reculé de 0,65 % en dollars américains. L’effet de change s’applique également à l’indice S&P TSX, où le rendement du mois était de 0,6 %, mais une fois converti en dollars US, le rendement était de -1,6 %.

Comment expliquer l’augmentation de 3 % du dollar américain? Premièrement, l’inflation sous-jacente américaine s’est accrue de façon soutenue cette année, selon la référence de choix de la Réserve Fédérale, soit l’indice de dépenses personnelles à la consommation (DPC) moins la nourriture et l’énergie. La dernière lecture a montré une augmentation annuelle de 1,7 %. Alors que l’inflation se rapproche du taux cible de 2 % établi par la Fed, on s’attend à ce que cette dernière augmente les taux directeurs d’ici la fin de l’année. Si celle-ci n’agit pas en conséquence, on pourrait supposer une manipulation politique continue du marché. Au final, le marché finit toujours par refléter la situation réelle, et les corrections, suivant lesdites manipulations, ont tendance à être draconiennes. Il s’agit d’un risque important que nous devons suivre de près. Entre-temps, l’inflation en Europe repart à la hausse. Au Royaume-Uni, l’inflation mensuelle a doublé pour atteindre 1 % depuis le Brexit, en raison de la chute de 17 % de la livre sterling par rapport au dollar. En général, l’inflation européenne a grimpé par rapport au taux d’inflation négatif du début de l’année.

Dans l’univers des titres à revenu fixe, ce qui a pris les gestionnaires par surprise est la baisse continue des taux d’intérêt partout dans le monde. La majorité des gestionnaires de titres à revenu fixe ont produit des rendements nettement plus faibles, par rapport à leurs indices de référence, depuis le début de l’exercice jusqu’à la fin de septembre. Cependant, en octobre on a noté un fort renversement de cette tendance, lequel était selon nous attendu depuis longtemps en fonction des fondamentaux, alors que les taux d’intérêt à l’échelle mondiale ont augmenté au cours du mois. À titre d’exemple, l’indice Barclays Global Aggregate Bond (un bon indicateur pour les obligations mondiales) a progressé de 9,8 % du 1er janvier au 30 septembre. En octobre cependant, avec un indice en baisse de 3 %, la plupart des gestionnaires actifs ont été en mesure de préserver le capital, ce qui est notre objectif principal dans la gestion de patrimoine.

En terminant, l’élection présidentielle américaine a été le principal centre d’attention à l’échelle mondiale, comme c’est généralement le cas. Malheureusement, cette fois-ci, l’attention a majoritairement été portée vers le manque de popularité des deux candidats et le fait que la campagne a été tout sauf « politiquement appropriée ». La période menant au jour des élections a créé beaucoup de bruit, mais pour l’instant, il n’y a eu aucune répercussion sur l’économie américaine, qui demeure la plus forte à l’échelle mondiale. Un résultat surprise pourrait créer beaucoup d’instabilité sur les marchés à court terme, mais les sondages laissent présager qu’il n’y aura aucun changement dans le parti qui occupe la Maison‑Blanche.