La conviction – critère essentiel en matière de gestion active…

La conviction – critère essentiel en matière de gestion active…

Julia 3

Julia Ainsworth, Directrice adjointe, Investissements

julia.ainsworth@bluebridge.ca

Il n’est pas aisé pour les gestionnaires actifs d’actions publiques de surpasser le rendement de leurs indices de référence net de frais. De nombreux investisseurs, y compris certains professionnels, considèrent que les gestionnaires actifs ne peuvent plus ajouter de valeur à l’investissement moderne. En effet, très peu ont réussi de façon cohérente. Blue Bridge vise à identifier ceux qui le peuvent. Nous pensons que les gestionnaires qui investissent avec conviction, selon un processus rigoureux, sont bien placés pour se démarquer. Cet article présente deux de nos gestionnaires : l’un investissant dans les marchés émergents, l’autre dans les marchés développés. Leur approche, unique, leur a été profitable à long terme et nous avons confiance en leur capacité à gérer les turbulences du marché en 2020.

Chez Blue Bridge, nous construisons nos portefeuilles d’actions du point de vue d’un investisseur international. Les fonds en question ont un domaine d’investissement très vaste. Les gestionnaires de portefeuille bénéficient d’une grande flexibilité pour aller là où les opportunités les plus importantes résident, et lorsqu’ils investissent, ils le font avec conviction.

Nombreux sont ceux qui considèrent qu’en matière d’investissement dans les marchés émergents, la gestion active est un meilleur choix que la gestion passive. Il est vrai que les pays émergents ont toujours fait face à des défis plus importants que leurs homologues des marchés développés. Les critères habituels expliquant ces divergences sont la sensibilité à la valeur du dollar américain, la volatilité des flux de capitaux internationaux, la baisse des prix des matières premières et les déficits budgétaires. Cette année, la majorité de ces pays doit faire face à des obstacles supplémentaires en raison de la limitation des ressources de santé et des mesures gouvernementales stratégiques. Cela ne signifie pas que les marchés émergents doivent être évités, mais les investisseurs doivent reconnaître les risques supplémentaires. De plus, la classification des marchés émergents couvre un large éventail de pays distincts à différents stades de développement. Par conséquent, ces « risques typiques » n’ont pas le même impact sur l’ensemble de ces pays et peuvent même ne pas s’appliquer. Le gestionnaire des marchés émergents avec lequel nous traitons est spécialisé dans ce domaine. Il n’offre que des stratégies de marchés émergents, et ce, depuis le début des années 1990. Ses ressources sont considérables et il est présent physiquement dans de nombreux pays émergents. Au final, il est bien placé pour évaluer la dynamique de ces marchés.

Il commence par appliquer une stratégie de placement active « top down » afin de déterminer où se trouvent les opportunités les plus attrayantes selon les pays et les industries. Par exemple, cette stratégie évalue l’orientation politique, la trajectoire des données macroéconomiques, l’impact des matières premières et les implications monétaires. L’univers d’investissement en actions est réduit en se concentrant uniquement sur les entreprises très liquides qui affichent les convictions les plus positives. Le gestionnaire effectue ensuite une recherche approfondie sur ces entreprises afin d’en réduire le nombre à un groupe de 25 à 40 candidats qu’il inclut au portefeuille. Sa recherche sur les actions permet d’évaluer le modèle d’affaires, la dynamique de l’industrie, les risques ESG et les catalyseurs, et de conclure par une analyse de scénario (intégrant la vue « top down ») et une valorisation. Il ne s’agit là que d’un bref résumé, mais ce qu’il convient de retenir, c’est la rigueur et la cohérence du processus, ainsi que l’identification des facteurs « top down » et « bottom up » comme des déterminants importants du prix et de la volatilité des marchés émergents. Nous pensons que cette approche est une façon intelligente d’investir dans ces marchés.

Le premier trimestre 2020 a été agité et les marchés émergents ont été particulièrement touchés. Le fonds a été affecté négativement par des investisseurs qui se sont précipités pour obtenir des liquidités en vendant de manière disproportionnée les sociétés très liquides dans lesquelles le fonds est investi, sans égard pour les facteurs fondamentaux. Le rendement du fonds a bénéficié de la décision prise début février de réduire l’exposition au secteur de l’énergie. En effet, à l’époque, le Covid-19 n’était pas encore une pandémie. Les gestionnaires de portefeuille reconnaissaient néanmoins que l’économie chinoise subissait des pressions en raison des efforts déployés pour lutter contre le virus, risquant ainsi d’entraîner une diminution de la demande mondiale d’énergie. Compte tenu de cette situation et de la mésentente entre les membres de l’OPEP, les gestionnaires avaient jugé que les entreprises du secteur énergétique seraient vulnérables à une réduction significative de leurs revenus. Alors que les investisseurs vendaient tous les titres sans distinction, c’est le secteur de l’énergie qui a le plus souffert. Au cours du premier trimestre, le gestionnaire a renforcé son exposition aux secteurs « top down » (pays/industries) qui ont été les premiers touchés par le virus et seraient probablement les premiers à revenir à la normale après la crise. Au niveau des entreprises, il s’est tourné vers celles qui seraient les principales bénéficiaires des politiques de relance gouvernementales et de la tendance structurelle accélérée vers la numérisation. Il est convaincu que les marchés émergents dans lesquels il investit ont la capacité nécessaire (outils politiques, solidité financière et infrastructures) et la volonté (politiques proactives) de se rétablir et de renouer avec des trajectoires de croissance solides.

Depuis que nous confions des investissements à ce gestionnaire, nous avons été impressionnés par sa discipline, sa capacité de recherche poussée et ses perspectives intelligentes. Nous continuons de croire que les marchés émergents constituent un secteur d’investissement important et que leur importance mondiale s’intensifiera au cours de la prochaine décennie.

 

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La plupart des portefeuilles de Blue Bridge sont investis dans les marchés développés. Bien que nous utilisions plusieurs gestionnaires à mandats spécifiques, nous traitons également avec un gestionnaire d’actions mondiales qui peut investir dans tous les marchés développés. Ceux-ci sont souvent considérés comme trop efficaces pour permettre aux gestionnaires actifs d’y ajouter de la valeur. Cependant, la stratégie opérée par notre gestionnaire a prouvé l’inverse ces vingt dernières années. Il estime que les marchés sont généralement efficaces sur le long terme mais qu’à court terme, ils peuvent mal évaluer les perspectives de croissance des entreprises sur la durée en se fiant à des données à courte échéance. Ceci réduit l’efficacité des marchés et crée par conséquent des opportunités pour les gestionnaires de fonds qui évaluent les titres selon des paramètres à long terme.

Le gestionnaire construit son portefeuille avec 20 à 25 entreprises de haute qualité dont la croissance est soutenue par des tendances structurelles à long terme et qui ont une faible sensibilité aux cycles économiques. Son approche est celle d’une analyse fondamentale axée sur la croissance (croissance séculaire vent arrière, avantage concurrentiel durable, etc.), la qualité (faibles dettes, flux de trésorerie élevés) et des critères de valorisation. Son processus impose un niveau élevé de discipline. Il est duplicable, et maximise l’objectivité pour éliminer les préjugés. Cette méthode, et d’importants efforts visant à comprendre les tendances séculaires, lui ont permis de se démarquer.

Son portefeuille utilise une stratégie défensive à l’égard des entreprises en croissance, en particulier au cours des trois derniers mois, tel que démontré par son rendement qui a largement dépassé son indice de référence mondial. Les résultats obtenus sont l’aboutissement d’un processus plutôt que d’une stratégie d’anticipation intentionnelle du marché. Par exemple, les secteurs les plus sensibles sur le plan économique comme l’énergie, les banques, le secteur minier, etc. n’ont jamais été inclus dans le portefeuille. Ceux-ci sont habituellement parmi les moins performants pendant les périodes de ralentissement, et c’est effectivement ce qui se passe cette année. Par ailleurs, le portefeuille cible des entreprises dont le bilan est de grande qualité et qui sont en mesure de faire face aux défis de la conjoncture de 2020. Le gestionnaire évalue tous les titres du portefeuille pour s’assurer que le bilan de ces entreprises n’est pas sujet à détérioration et que le portefeuille est aligné sur les grandes tendances comme la numérisation, les soins de santé, le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement, le rapatriement des activités et l’automatisation de la fabrication, etc… Les tendances structurelles à long terme étant un élément clé du processus d’investissement, le portefeuille était déjà largement engagé sur ces créneaux et peu de modifications ont été nécessaires.

Blue Bridge axe sa politique sur l’investissement dans des entreprises de grande qualité, avec l’aide de gestionnaires démontrant des approches uniques, ainsi qu’une capacité de protection des avoirs pendant les périodes de repli des marchés. Notre gestionnaire d’actions mondiales répond à ces exigences et a démontré que sa stratégie de protection à la baisse ne limite pas les rendements dans les périodes de hausse des marchés. Bien qu’il n’y ait aucune garantie que cela perdurera, nous sommes convaincus que la stratégie continuera de bénéficier à nos clients.

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Cette présentation est évidemment trop courte pour traduire la qualité élevée des gestionnaires en matière de stratégies d’investissement. Mais il est évident que ces processus sont rassurants en cette période ardue. Difficile de savoir ce qui nous attend, mais s’assurer que les gestionnaires de fonds opèrent au sein d’une structure décisionnelle sophistiquée est certainement un critère essentiel pour aller dans la bonne direction.