Comme le dit le dicton…

Comme le dit le dicton…

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Comme le dit le dicton…

Vendre en mai et s’en aller. C’est le vieil adage des gestionnaires d’actions, mais ce n’est pas nécessairement l’un des meilleurs. Toutefois, le mois de mai pourrait s’avérer propice pour vendre des actions et consolider des gains. Les marchés ont affiché un solide rendement au premier trimestre, les indices S&P 500 et MSCI Europe gagnant chacun 6 %, et l’indice MSCI Emerging Market progressant de 7,8 %. Le marché haussier américain en est à sa 9e année et, comme nous le soulignons depuis un certain temps déjà, les actions américaines sont loin d’être bon marché. Toutefois, le fossé relatif à l’évaluation peut persister un certain temps. Il ne faut pas oublier que le marché des valeurs mobilières est, à la base, un marché où existent les lois de l’offre et de la demande. Alors, tant que les principaux biens (des actions dans le cas qui nous concerne) sont en forte demande par rapport à l’offre disponible, le prix de ces biens continuera d’augmenter malgré leur valeur économique sous-jacente réelle. Avec peu d’autres possibilités attrayantes, notamment un marché obligataire offrant des taux de rendements historiquement faibles, les investisseurs ont continué à faire la file pour acheter des actions comme option par défaut. Cela pouvait être perçu sur les principaux indicateurs positifs de momentum et de sentiment de marché, ce qui suggérait que les marchés boursiers continueraient d’afficher de solides rendements.

Le mois de mars, par contre, a peut-être été le tournant décisif. Avec l’indice S&P 500 qui n’a pas bougé, les principaux indicateurs de momentum et de sentiment ont soudainement inversé leur cours. Cela était visible dans les faibles rendements des secteurs sensibles à la conjoncture économique telles que les financières et les actions de société à faible capitalisation. Ce changement peut être attribuable à l’augmentation des taux d’intérêt par la Réserve fédérale, au ton conciliant de la présidente Yellen, à la réaction des investisseurs relativement à l’incapacité du président Trump d’obtenir suffisamment de votes pour abroger l’Obamacare, ou bien à la première ministre britannique, Theresa May, qui déclenche le processus (article 50) pour le Brexit. À mesure que la fin du trimestre approchait, le changement de sentiment était également visible dans l’affaiblissement du dollar américain (à 1,07 par euro) et dans le prix plus élevé de l’or (1 251,20 $ l’once).

Pendant ce temps, le marché obligataire bénéficiait de ce changement d’humeur. Le taux de rendement des obligations du Trésor à 10 ans qui avait progressé jusqu’à 2,63 %, menant à la réunion de la Réserve fédérale, est passé à 2,39 % à la fin du mois de mars, puisque les investisseurs achetaient des obligations malgré la hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale. Cela a entraîné un aplatissement de la courbe de taux de rendement, qui peut être considéré par certains comme un signe négatif pour l’économie et les marchés boursiers.

Ainsi, les actions ayant déjà atteint presque l’équivalent de leurs rendements annuels espérés en l’espace de 3 mois, peut-être que la consolidation de certains gains n’est pas une mauvaise idée. Par conséquent, au lieu de vendre et de partir avant l’été, peut-être que de le faire avant le congé de Pâques est une approche plus prudente.