Fondation Blue Bridge

Guerre en Ukraine : comment aider ?


Près d’un mois après le début de la guerre, l’incertitude plane au-dessus d’un monde sous tension. Peut-on espérer un fléchissement du Président Poutine face aux sanctions internationales ? L’Europe se relèvera-t-elle de la lourde crise économique qui s’annonce ? Après avoir craint pour notre sécurité sanitaire pendant deux ans, nous voici à craindre pour notre sécurité… tout court.

Le semblant de stabilité géopolitique que le monde occidental connaissait depuis la fin de la Guerre Froide est complètement renversé. L’OTAN et l’Union Européenne voient leur intégrité remise en question et se retrouvent face à la menace d’une escalade militaire à l’échelle mondiale ainsi qu’à un risque nucléaire plus fort que jamais. Les négociations, se multiplient, tout comme le nombre de morts, et aucune solution démocratique n’a encore été trouvée. L’épée de Damoclès vacille au-dessus de nos têtes.

A cette instabilité politique se greffe une nouvelle crise migratoire. Plus 3.5 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre, selon le Haut-Commissariat des Réfugiés de l’ONU. Cela équivaut à deux fois la population de l’île de Montréal, en à peine 20 jours. Outre ceux qui ont réussi à traverser la frontière, près de 6 millions de réfugiés supplémentaires se déplacent à l’intérieur du pays, un exode d’une ampleur que l’Europe n’a pas connue depuis la Seconde Guerre Mondiale. Imaginez ce grand pays sillonné par les convois interminables de personnes quittant leur foyer, épuisées par des nuits sans sommeil à guetter le bruit des bombes, le cœur lourd de devoir abandonner leur famille pour pouvoir en mettre une partie à l’abri.

Les témoignages aux frontières ukrainiennes sont sans appel : la situation est accablante. A l’intérieur du pays, des files de véhicules s’étendent sur des centaines de kilomètres. Atteindre un poste de douane peut prendre plusieurs jours. Des journalistes du New York Times (saluons la bravoure des reporters qui sont sur place) se sont joints au convoi depuis Kiev jusqu’à la frontière polonaise. Le trajet est éprouvant. Les citoyens passent la nuit dans leur voiture ou dans les couloirs d’hôtels abandonnés. A la frontière, les hommes, qui ont l’obligation de rester sur le territoire, font leurs adieux aux femmes et aux enfants, qui n’ont aucune idée de quand, et si, ils reviendront chez eux.

Malgré tout, on retrouve à la frontière l’espoir d’un monde solidaire. Un journaliste du Monde rapporte que si les ukrainiens affluent à la frontière, les volontaires polonais et étrangers répondent également présents. Des dons en vêtements et en nourriture sont distribués aux réfugiés, des inconnus viennent proposer un trajet en voiture ou un hébergement temporaire. Si la paix a disparu, un peu d’humanité subsiste, et c’est à elle qu’il va falloir s’accrocher. Car si la guerre peut encore durer trois jours, trois semaines ou trois mois, la crise migratoire, quant à elle, ne fait que commencer.

Plusieurs pays ont mis en place des procédures d’urgence pour accueillir les réfugiés sur leur territoire. La Pologne est actuellement le pays qui en accueille le plus : plus d’1,7 million y sont actuellement. La Hongrie a ouvert sa frontière aux ukrainiens fuyant la guerre et la Moldavie, qui craint être la cible d’une prochaine offensive russe, a fait de même. A Berlin, ceux qui parlent russe ou ukrainien se mobilisent pour offrir leur aide au flux continu de réfugiés. La France prévoit d’accueillir plus de 100 000 immigrés. Le Canada a lancé deux programmes pour faciliter l’arrivée des ressortissants ukrainiens sur son territoire.

L’enchaînement et la superposition des crises sanitaires, climatiques, politiques et migratoires déstabilisent le monde tel qu’on le connaît. Un grand sentiment d’impuissance s’empare de la société, notamment des jeunes générations. Selon l’historien Yuval Noah Harari (Sapiens), le retour de la guerre en Europe, quelle que soit son issue, impactera les idéologies politiques à un niveau mondial. Les budgets seront alloués différemment au profit de la défense, au risque de ramener (encore) au second plan l’urgence climatique ou le financement de la santé. L’interdépendance des pays et la mondialisation sont à réexaminer. Selon l’auteur, nous devons reconstruire les grandes institutions internationales et concentrer nos efforts pour réparer (et sauver) le monde dans lequel nous vivons. Mais par où commencer ?

Pour ce qui est de la guerre en Ukraine, voici ce que nous pouvons faire à titre individuel :

Soutenir les organismes qui travaillent au plus près de la crise. De nombreuses ONG se sont mobilisées pour envoyer au plus vite des agents sur le terrain afin de faciliter et organiser l’accueil des réfugiés. A titre de Family Office, c’est ce vers quoi nous nous tournons. Blue Bridge, pour sa part, a choisi de s’engager auprès d’ACTED, une association française qui intervient depuis 1993 afin de répondre aux crises humanitaires. Cette organisation a déployé une équipe d’urgence en Moldavie et envoie d’autres de ses membres en Pologne pour coordonner l’arrivée et le soutien des ukrainiens. Chaque don peut faire la différence. Si vous souhaitez participer avec nous, vous pouvez faire un don sur la plateforme de notre Fondation.

« Il y a des dizaines de kilomètres d’embouteillages pour quitter les zones de conflit et entrer dans les pays voisins. Les gens attendent des journées entières dans leur voiture. Certains décident de laisser leur véhicule et de terminer le voyage à pied avec peu d’affaires. Ils ont besoin d’une aide d’urgente pour se protéger du froid, se procurer des repas chauds et de l’eau » explique Sébastien Lambroscini le Directeur Pays d’ACTED en Ukraine.

Il est également possible d’apporter son aide de façon plus concrète en cédant des biens matériels ou en donnant de son temps. Certains médecins ont commencé à offrir des formations aux premiers soins par vidéoconférence. Le barreau du Québec fait appel à des avocats pro-bono pour conseiller et orienter ceux qui choisiraient le Canada comme terre d’accueil. Plusieurs associations ukrainiennes récoltent dans les villes des objets de première nécessité et des habits chauds pour les distribuer aux réfugiés. Le Congrès Ukrainien Canadien propose également de remplir un formulaire en ligne pour apporter son aide aux nouveaux arrivants. Dans plusieurs mois, ce seront des psychologues pour enfants, des professeurs de langues, des lieux d’hébergements qui seront nécessaires. Commençons dès maintenant à nous y préparer.

A défaut de retrouver paix et liberté, essayons de préserver notre humanité.

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Par Paloma Baumgartner, Communication

27/04/2022

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