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Changements climatiques

Gestion des risques liés aux changements climatiques

La présente communication est publiée conformément à la Ligne directrice sur la gestion des risques liés aux changements climatiques mise à jour par l’Autorité des marchés financiers (« AMF ») le 4 décembre 2025.

 1. Introduction

 La Société de fiducie Blue Bridge Inc. (la « Société ») est une société de fiducie dont l’activité principale consiste en l’administration et la garde de biens administrés pour autrui, principalement des fiducies. Ses effectifs humains sont modestes.

Le rôle d’un fiduciaire est, par essence, tourné vers l’avenir. Traditionnellement axée sur la prudence financière, le respect des actes de fiducie et la conformité fiscale, la mission de la Société intègre depuis quelques temps une variable additionnelle : les risques climatiques. Ignorer l’impact du climat sur les actifs constituerait aujourd’hui un manquement au devoir de prudence. Dans un contexte de changements environnementaux et réglementaires accélérés, la Société réaffirme son engagement envers son devoir de diligence fiduciaire. Ce document expose notre approche pour protéger les actifs qui nous sont confiés contre les risques climatiques physiques et de transition.

 2. Gouvernance

 La Société reconnaît que les risques liés aux changements climatiques doivent être encadrés par une gouvernance appropriée, adaptée à la taille et à la complexité de ses activités. Les risques liés aux changements climatiques sont intégrés au cadre global de gestion des risques de la Société.

 Le Comité de gestion intégrée des risques (« Comité GIR ») de la Société, relevant du Comité d’audit, a la responsabilité d’inclure les risques climatiques dans ses analyses. Une revue formelle de l’exposition aux risques climatiques importants est effectuée au moins annuellement avec la direction de la Société.

 La direction est responsable de l’intégration des facteurs climatiques dans l’administration des biens pour autrui, incluant l’identification, l’évaluation et le suivi. La direction est également responsable d’évaluer l’impact des facteurs climatiques sur la résilience financière de la Société. Les discussions et conclusions pertinentes sont présentées au Comité GIR et consignées aux procès-verbaux du Comité GIR.

 3. Stratégie 

 La Société reconnaît que les changements climatiques constituent une source de risques financiers susceptibles d’affecter la valeur, la liquidité et le rendement des actifs qu’elle administre pour le compte de ses clients. Compte tenu que les revenus de la société sont essentiellement corrélés aux actifs qu’elle administre, tout impact significatif des changements climatiques sur la valeur des actifs administrés pour autrui pourrait avoir un impact important sur les revenus de la Société.

 Dans ce contexte, la Société intègre les considérations climatiques dans sa stratégie globale de gestion des risques, dans une optique de :

• protection du capital administré;

• maintien de rendements ajustés au risque;

• respect de ses obligations fiduciaires et réglementaires.

La Société identifie deux grandes catégories de risques climatiques :

a) Risques de transition - Risques découlant du passage à une économie sobre en carbone (taxes carbones, nouvelles réglementations, actifs échoués ou stranded assets). Ces facteurs peuvent influencer la valeur des actifs financiers et la réputation du fiduciaire (i.e. la capacité effective du fiduciaire à intégrer les changements climatiques dans la gestion des actifs conformément aux attentes des régulateurs, des bénéficiaires et des clients). 

b) Risques physiques - Événements météorologiques extrêmes (aigus), tel que inondations, incendies de forêt, tempêtes, et dégradation progressive comme l’élévation du niveau de la mer (chroniques). Ils menacent l’intégrité des actifs tangibles (immobilier, agriculture), et peuvent avoir un effet sur la performance d’actifs financiers.

Par contre, les changements climatiques peuvent également offrir des opportunités tel que l’accroissement des investissements dans des secteurs résilients ou favorisés par la transition (par exemple les énergies renouvelables et les infrastructures durables).

Compte tenu de sa taille restreinte et de la nature limitée de ses activités, la Société adopte une approche évolutive et proportionnée pour concentrer ses efforts sur les risques matériels touchant son modèle d’affaires et les actifs administrés.

4. Gestion des risques climatiques

La Société intègre les risques liés aux changements climatiques dans son cadre global de gestion des risques, en cohérence avec ses autres catégories de risques (stratégique, réputationnel, opérationnel, etc.).

Les principaux actifs administrés par la Société, ou dont elle a la garde, incluent des portefeuilles financiers (risques physiques, de transition et de marché) et des actifs immobiliers (risques physiques).

 Dans son rôle de fiduciaire et de gardien de valeur, la Société ’délègue régulièrement la gestion des portefeuilles financiers à des gestionnaires de portefeuille externes. Dans ce contexte, la direction demande périodiquement aux principaux gestionnaires de portefeuille utilisés d’intégrer l’exposition des portefeuilles aux risques de changements climatiques, incluant les risques de transition et les risques physiques, dans la revue des portefeuilles afin d’être en mesure d’évaluer la prise de risque au niveau des actifs financiers.

 La Société reconnaît que les changements climatiques constituent un risque systémique mondial. Il n’est pas possible d’éliminer entièrement ce risque par la diversification. La performance des portefeuilles peut être affectée si les marchés financiers sont eux-mêmes touchés par des événements climatiques. La prise en compte des risques climatiques vise à améliorer la gestion des risques financiers et ne constitue pas un objectif non financier susceptible de compromettre l’obligation fiduciaire de maximiser le rendement ajusté au risque.

 Au niveau des actifs immobiliers qu’elle administre, la Société évalue les risques physiques (ex: inondations, incendies de forêt, érosion côtière) et s’assure que chaque propriété dispose de couverture d’assurance adéquate, incluant face aux changements climatiques, pour préserver la valeur à long terme. En cas de risque climatique important identifié pour un bien immobilier existant, sans possibilité de couverture d’assurance, la Société évalue la possibilité de se départir du bien, si le mandat fiduciaire le permet.

Avant d’accepter ou d’acquérir un nouveau bien immobilier en fiducie, la Société :

• Vérifie si le bien est dans une zone à risque (ex. zone inondable, érosion côtière);

• Confirme que des assurances adéquates seront disponible pour couvrir les principaux risques physiques;

• Si l’assurance est insuffisante ou trop incertaine : évite d’acquérir ce bien immobilier lorsque le mandat fiduciaire le permet ou recommande des alternatives.

5. Mesures et indicateurs

Compte tenu de son rôle de fiduciaire et de la dépendance envers des gestionnaires externes, la Société adopte une approche pragmatique et évolutive en matière de mesures.

À titre d’indicateurs, la Société peut considérer, selon la disponibilité des données :

• l’exposition sectorielle des portefeuilles (ex. secteurs à forte intensité carbone);

• des indicateurs fournis par les gestionnaires (ex. intensité carbone, notations ESG);

• la proportion d’actifs investis dans des secteurs ou stratégies liés à la transition énergétique;

• pour les actifs immobiliers :

•  localisation en zones à risque;

•  niveau de couverture d’assurance;

•  état et résilience des immeubles.

Ces indicateurs sont utilisés principalement pour :

• surveiller les expositions aux risques climatiques;

• alimenter le dialogue avec les gestionnaires externes;

• appuyer la prise de décision.

6. Cibles et objectifs

La Société ne fixe pas nécessairement de cibles quantitatives strictes à ce stade. Elle privilégie des objectifs qualitatifs, tels que :

• l’amélioration de la transparence des gestionnaires;

• l’intégration progressive des facteurs climatiques dans les processus;

• la réduction des expositions jugées excessives lorsque cela est approprié.

7. Capital et résilience financière

La Société tient compte des risques climatiques dans son analyse globale de résilience financière, notamment :

• la sensibilité de ses revenus à une variation significative des actifs sous administration;

• la capacité à maintenir ses opérations en cas de perturbation des marchés financiers, qui peut inclure des perturbations liées au climat.

Vu le profil opérationnel de la Société, aucun ajustement spécifique du capital réglementaire n’est jugé nécessaire à ce stade.

 8. Indicateurs et émissions de gaz à effet de serre

En raison de la taille restreinte de ses effectifs et de la nature de ses opérations, les émissions directes (Scope 1 et 2) de la Société sont jugées non significatives.

9. Objectifs et amélioration continue

 La Société s’engage à :

• maintenir une revue ponctuelle formelle des risques climatiques ;

• intégrer ces risques dans son cadre global de gestion des risques ;

• assurer une communication transparente et cohérente ;

• adapter ses pratiques en fonction de l’évolution réglementaire.

Elle poursuit une approche d’amélioration continue adaptée à la taille et à la complexité de nos activités.

La Société effectue également une veille périodique sur les communications et pratiques en matière de changements climatiques émise ou adoptés par d’autres institutions financières et différents organismes, dans le but de se tenir à jour sur les tendances en la matière et les impacts que cela peut avoir sur ses activités, et ajuster ses pratiques au besoin.

10. Communication et fréquence de divulgation

La présente communication est publiée sur le site Internet de la Société. Elle est mise à jour dans les 180 jours suivant la fin de l’exercice financier ou plus tôt si un changement significatif survient.

11. Conclusion

La Société s’engage à faire évoluer ses pratiques de divulgation en matière de mesures et indicateurs climatiques, en fonction de l’amélioration des données disponibles, des attentes réglementaires et des meilleures pratiques du marché.