Déprime hivernale

Déprime hivernale

lowres_3662_09-16-René-2

René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Déprime hivernale

Les marchés boursiers ont pris un mauvais départ en février, prolongeant la pente descendante amorcée en début d’année. Durant les deux premières semaines boursières, les indices MSCI Europe et S&P 500 étaient respectivement en baisse de 11,2 % et de 5,7 % (en devises locales). Le secteur bancaire européen a donné des sueurs froides aux investisseurs, tirant ainsi le marché vers le bas. Les résultats des sociétés peu encourageants, mettant en évidence les effets d’une croissance économique ralentie, l’influence sur les marges bancaires des politiques monétaires très permissives, de même qu’un risque accru de non-paiement parmi les emprunteurs du secteur de l’énergie, ont contribué aux faibles résultats du secteur bancaire. Des chiffres économiques incertains aux États-Unis et en Europe n’ont pas aidé à dissiper l’humeur morose des investisseurs, sans compter toute l’incertitude entourant l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Le marché japonais a aussi fait des siennes, en tombant de 21 % durant la première moitié du mois, en réponse à l’appréciation du yen.

Les acteurs du marché, qui souffrent manifestement de dépression saisonnière, ont cherché refuge dans la stabilité des obligations souveraines, ce qui a eu pour conséquence de faire monter leurs prix et d’en diminuer les taux. Le taux de rendement sur les obligations d’épargne américaines à 10 ans a chuté de 1,92 % à 1,73 % durant le mois. Celui de son équivalent allemand est aussi descendu, passant de 0,33 % à 0,11 % sur la même période. Cette nervosité entourant les marchés, jumelée à une ruée vers des titres plus sécuritaires, a toutefois été bénéfique pour l’or, qui a terminé le mois à 1 238,67 $, un gain de 16,7 % depuis le début de l’année.

Le marché des obligations à rendement élevé (high yield) est un secteur qui inquiète tous les investisseurs. Ce sont des obligations de moindre qualité. On peut mesurer leur risque de non-paiement par l’écart, c’est-à-dire la différence entre leur taux de rendement et celui des bons du trésor sans risque. Après avoir atteint 8,39 % à la mi-février, l’écart était de 7,26 % à la fin du mois. Un écart marqué des titres à rendement élevé est aussi le signe d’une économie en perte de vitesse. Les niveaux d’écart actuel des titres à rendement élevé avait été atteint pour la dernière fois en 2008 et à l’automne 2011.

Il faut toutefois noter que les marchés se sont améliorés dans la seconde moitié du mois. Mario Draghi a annoncé que la Banque centrale européenne (BCE) était prête à agir de nouveau pour stimuler la croissance au sein de la zone euro. L’état du marché du travail américain a aussi été encourageant, avec des demandes initiales de prestation d’emploi qui ont chuté à 262 000. Selon Reuters, cela fait maintenant 50 semaines consécutives que les demandes initiales n’ont pas dépassé les 300 000 ; c’est la plus longue période depuis les années 1970. Dans cette meilleure conjoncture, les indices boursiers MSCI Europe et S&P 500 ont récupéré une partie de leurs pertes pour terminer le mois avec des retours de -2,20 % et de -0,13 % respectivement. Il y a de l’espoir de pouvoir sortir du marasme hivernal sans trop être amochés. Après tout, le printemps devrait bientôt faire fondre toute cette neige et les inquiétudes du marché.