La conformité et le contrôle interne, une culture d’entreprise

La conformité et le contrôle interne, une culture d’entreprise

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Ninon B. Daltin, CPA, CMA

Chef de la conformité

Ninon.Daltin@bluebridge.ca

La conformité et le contrôle interne, une culture d’entreprise

La fonction de conformité, encore perçue parfois -et à tort- comme un mal nécessaire, a pris une importance majeure depuis quelques années au sein des sociétés œuvrant dans le domaine des valeurs mobilières.  Cet essor est en partie dû aux différents scandales financiers qui ont fait les manchettes mais aussi à la prise de conscience des dirigeants de plus en plus concernés par le risque de déficit de réputation que court leur entreprise.

Les hauts dirigeants sont à la source de la culture qu’ils souhaitent implanter dans leur entreprise. Ce sont eux qui encouragent son rejaillissement sur tous leurs employés et relations d’affaires.  Pour moi, la fonction de conformité a un effet canalisateur qui incarne et transmet les valeurs de l’entreprise.  Un réel appui de la direction en matière de conformité favorise la réduction du décalage entre le discours éthique et son application au quotidien. 

La fonction de conformité est appelée à prendre de l’ampleur et c’est tout à l’avantage des investisseurs.  Ces derniers s’en trouvent d’autant plus protégés contre les malversations ou autres mauvaises pratiques de gestion qui peuvent survenir dans le secteur des valeurs financières.  Le responsable de la conformité doit s’assurer que les procédures en place permettent une saine gérance des actifs dans un environnement comportant des contrôles efficaces.  Il met aussi en place des mécanismes permettant de détecter des façons dont les clients potentiels pourraient utiliser la gestion de portefeuille pour camoufler des activités frauduleuses.

La personne en charge de la conformité fait principalement face à deux défis, à l’externe d’une part, et à l’interne, d’autre part. L’externe correspond à l’univers réglementaire en constante évolution, les exigences de formation, notamment la formation continue en matière de prévention du blanchiment d’argent et du financement des activités terroristes ainsi que les risques liés aux tiers avec lesquels nous entretenons des relations d’affaires.

Au niveau interne, la conformité a longtemps été réputée pour travailler de façon cloisonnée et agir à titre d’agent correctionnel.  A mon avis, c’est une perception dont il faut se défaire car les mentalités ont évolué et le rôle de la conformité est d’agir en tant que conseiller et partenaire.  Le responsable aide à façonner des codes de conduite de l’entreprise. Il en fait avant tout la promotion pour favoriser l’élimination ou du moins l’atténuation des risques dans différents secteurs de la société. Il protège ainsi l’image de cette dernière. 

Les défis à relever peuvent sembler de taille. C’est justement là que le rôle de chef de la conformité devient stimulant et offre de nombreuses occasions d’apporter sa contribution en termes d’amélioration des processus internes.

D’anciens cultivateurs illégaux de cannabis deviennent des vendeurs autorisés avec pignon sur rue, des ex-détenus se recyclent en consultants et livrent des conseils pour préparer de nouveaux venus à la vie en milieu carcéral.  Verrons-nous un jour des criminels en col blanc repentis être nommés Chefs de la Conformité ?  Les probabilités sont faibles, heureusement !