Une bouffée d’air frais sous la nouvelle administration Biden

Une bouffée d’air frais sous la nouvelle administration Biden

Nicolas Vachon

Analyste Stagiaire- Investissement

nicolas.vachon@bluebridge.ca

Ces quatre dernières années, les efforts pour lutter contre les changements climatiques se sont faits rares aux États-Unis. En l’absence d’un vrai éco-leader sous l’administration Trump, les états et les villes ont fait ce qu’ils pouvaient et, pour certains, ce qu’ils voulaient. La nouvelle administration Biden vise à ajuster les règles pour que chacun fasse désormais sa part dans la lutte contre la crise climatique, non seulement à l’échelle nationale, mais également à l’échelle mondiale. Joe Biden veut se positionner comme le leader dont le peuple américain a besoin pour relever ce défi et faire figure de modèle pour le reste du monde. Il veut mener des discussions pour un avenir plus vert, et ce, dans l’espoir que d’autres pays se rallient à lui pour forcer la main des pays pollueurs qui ne veulent pas se conformer aux efforts visant à combattre les changements climatiques. Depuis la passation de pouvoir, Joe Biden a de nouveau rejoint l’Accord de Paris sur le climat. Il a déclaré vouloir révoquer l’autorisation de la construction du projet de l’oléoduc Keystone XL et a mentionné près de dix autres décrets qu’il désire signer. L’équipe Biden a un plan audacieux pour les trente prochaines années afin de s’attaquer aux problèmes environnementaux actuels. Durant son mandat, Joe Biden veut investir 2,000 milliards de dollars dans l’économie pour rendre l’avenir des États-Unis plus vert. Cette nouvelle orientation des États-Unis aura certainement un impact sur un certain nombre de secteurs, notamment ceux de l’énergie, de l’automobile, des infrastructures et des biens de consommation de base.

Dans un premier temps, et c’est le point le plus important de son agenda, le président prévoit de réformer le secteur de l’énergie. Il veut totalement transformer la façon dont l’énergie est produite aux États-Unis. Son objectif : zéro émission pour le secteur de l’électricité d’ici 2035 et pour le pays d’ici 2050. Il espère qu’en injectant 400 milliards de dollars dans les infrastructures et dans les innovations d’énergie plus verte, une meilleure technologie pourra être mise au point afin de capter les émissions de gaz à effet de serre. En outre, ces investissements permettraient de créer 10 millions d’emplois bien rémunérés. Ces propositions ont d’ores-et-déjà eu un impact sur le marché en 2020, notamment après l’élection officielle. Le graphique ci-dessous démontre que le secteur des énergies renouvelables, ainsi que d’autres secteurs connexes, ont bénéficié d’un élan positif important et d’une demande renforcée. Les mesures prévues ont également exercé une forte pression sur les acteurs énergétiques plus traditionnels, les obligeant à investir dans la recherche et le développement afin qu’ils ne deviennent pas obsolètes.

Indice mondial S&P/TSX des technologies propres

Indice SP500

Dans un deuxième temps, un autre secteur qui bénéficiera de l’élection de Biden est celui des véhicules électriques (VE). En effet, l’administration Biden veut réinstaurer les mesures incitatives pour les véhicules électriques afin de promouvoir l’achat de voitures à émission zéro. Il reconnaît également la nécessité de développer et d’améliorer le réseau de bornes de recharge, notamment dans les régions plus rurales. Conjugué à l’euphorie générale du marché, les valorisations du secteur des VE ont explosé depuis un an et demi. Des constructeurs automobiles plus traditionnels comme GM et Ford ont annoncé des plans de transition vers les VE et commencent à avoir la cote auprès des amateurs de véhicules électriques. À titre d’exemple, la valorisation de GM a dépassé son plus haut niveau historique le mois dernier. Rappelons que ce titre se négociait sans montrer de réelle tendance depuis son premier appel public à l’épargne en 2010.

Dans un dernier temps, compte tenu de l’absence d’inquiétude de la Chine face à ses taux élevés de pollution il est à prévoir que la tension entre les deux pays persiste. Car, l’un des moyens envisager par Biden pour encourager ou forcer les gros pollueurs à faire leur part à la lutte aux changements climatiques, consiste à imposer une taxe sur les biens qui proviennent des pays à haut taux de pollution. Certes, cela ne ferait que renforcer la rhétorique, mais irait de pair avec la mentalité « American made » de Biden. En résumé, il s’agit d’un revirement complet par rapport aux politiques menées sous l’administration Trump. Cette nouvelle bouffée d’air frais semble avoir été accueillie positivement par le marché. Il ne reste qu’à espérer que le président Biden pourra mettre en œuvre tout ce qu’il a proposé et faire du monde un endroit plus respectueux de l’environnement.