Philanthropie, grandes fortunes et Family Office

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Philanthropie, grandes fortunes et Family Office

Alain E. Roch

Alain E. Roch, MBA

Président et chef de la direction

Alain.Roch@bluebridge.ca

La pandémie de la COVID-19 a suscité de plus en plus d’initiatives afin d’inciter les plus riches à verser une part de leur fortune à des organismes philanthropiques. En fait, ce phénomène, qui consiste à remplacer l’action publique par des dons privés, est l’apanage des grandes fortunes depuis quelques décennies déjà, en Europe, aux États-Unis et même au Québec!

En 2020, l’initiative philanthropique du Fonds COVID Québec a été créée pour faire face à la pandémie sans précédent qui nous a frappée. Cette initiative a été lancée par un consortium de fondations québécoises privées : la Fondation Molson, la Fondation Mirella et Lino Saputo, la Fondation familiale Trottier et la Fondation Jarislowsky. Les fondations J.A. Bombardier et Echo ont également contribué au Fonds. Les objectifs du Fonds sont de freiner la transmission de la COVID-19, d’appuyer le dépistage et la vaccination, et de protéger les personnes aînées et vulnérables à la maladie dans le Grand Montréal. En un an, les fondations ont engagé la somme de 10,5 M $ dans la riposte à la COVID-19.

Ce type d’initiatives est d’autant plus nécessaire que l’État-providence a trouvé ses limites en termes de dépenses publiques ; on se doit de partager la gestion des enjeux communs avec les citoyens. C’est aux personnes aisées et/ou généreuses de prendre le relais.

Certains doutes que les plus riches versent réellement une part de leur fortune à des organismes philanthropiques et que la plupart du temps ces fonds restent dans leur fondation privée. Afin de déterminer qui, parmi les plus riches de ce monde, a engagé le plus d’argent dans des organisations à but non lucratif, plutôt que dans sa propre fondation caritative, Forbes s’est associé à SHOOK Research pour compiler des données sur les plus grands donateurs entre 2014 et 2018. Les résultats sont éloquents : en pourcentage de leur fortune nette, la star de l’investissement Warren Buffet a remis 16,3% de sa fortune, Bill et Melinda Gates 9%, le financier Georges Soros 37,4%, l’entrepreneur suisse Hansjoerg Wyss 24,6%, etc.

Et ce n’est pas fini, car ces grands donateurs participent à l’initiative The Giving Pledge lancée en 2010 par Bill Gates et Warren Buffet, qui appelle les milliardaires à verser au moins 50 % de leur fortune à la philanthropie. Dans les faits, Warren Buffet se dirige vers un taux de 99,99 % puisqu’il n’a l’intention de léguer à ses enfants que « quelques centaines de milliers de dollars seulement ».

Les plus cyniques souligneront les avantages fiscaux liés aux donations, système mis en place par l’État pour encourager la générosité. À ceux-là, je mentionnerais que les trois plus grands donateurs pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris, soit les familles Pinault, Arnault et Bettencourt ont annoncé qu’ils ne demanderaient aucune exonération fiscale.

Dans cette redéfinition de la philanthropie et face à ces initiatives privées pour le bien public, les multi family offices comme Blue Bridge ont un rôle d’envergure à jouer. Certes, leur premier rôle est d’offrir aux familles fortunées des services dans le prolongement de la gestion privée, mais ils y ajoutent un accompagnement plus global, personnalisé et fondamentalement humain. Ils jouent un rôle de coordinateur, tant dans la gestion de patrimoine, dans la préservation de l’harmonie familiale, que dans l’accomplissement de mission philanthropique.

Blue Bridge s’est donné comme mission de créer de la valeur pour ses clients afin d’avoir un impact positif sur leur famille et le monde dans lequel nous vivons. Pour ce faire, nous avons créé, il y a 10 ans, la Fondation Blue Bridge pour l’Enfance et avons aussi mis sur pied des formations pour la prochaine génération qui mettent de l’avant non pas seulement la gestion financière, mais aussi la responsabilité sociale et philanthropique.

Cette nouvelle génération remodèle le secteur philanthropique. Elle est davantage axée sur l’inclusion et l’équité sociale et raciale, mais surtout elle se positionne à la tête d’organisations non gouvernementales qui veulent pouvoir mesurer leurs impacts réels sur leur environnement.

Pour le donateur, le petit comme le grand, c’est cet impact qui doit compter.