Marchés boursiers Optimiste malgré tout

optimiste malgré tout

Marchés boursiers Optimiste malgré tout

Alain E. Roch

Alain E. Roch, MBA

Président et chef de la direction

Alain.Roch@bluebridge.ca

“L’optimisme vient de Dieu, le pessimisme est dans le cerveau de l’homme”
proverbe soufi

Durant cette période trouble, alors que nous sommes submergés d’informations plus ou moins pertinentes et soumis à des restrictions sociales contraignantes, il est difficile de voir la lumière au bout du tunnel et de se convaincre que 2021 sera une année de reprise économique et de retour à la « normalité ».

Cependant, comme le disait récemment Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE)[1], l’une des façons de conserver un certain optimisme en dépit des conditions actuelles consiste simplement à se souvenir des projections rendues publiques en septembre 2020, et des multiples incertitudes qu’elles prenaient en compte. Quels en étaient alors les faits saillants ? Les modalités de la conclusion du Brexit n’étaient pas connues. Les risques d’une sortie sans accord demeuraient intacts, tant pour l’Union européenne que pour le Royaume-Uni. Sur le front de la pandémie, aucun vaccin n’existait. Aucun pronostic n’était possible sur la date de leur éventuelle apparition. Les élections américaines, déterminantes pour l’ensemble du monde, n’avaient pas eu lieu. Aujourd’hui, ces incertitudes majeures ont toutes été dissipées. Notamment, la plus cruciale d’entre elles, la mise à disposition de vaccins fiables. C’est un facteur indéniable d’optimisme.

Certes, les perspectives économiques restent très incertaines et les investisseurs institutionnels ne s’y trompent pas et gardent une partie substantielle de leurs actifs en cash[2]. Il faudra certainement attendre la fin de l’année et le retour d’une certaine normalité soutenue par les politiques fiscales, pour voir ce type d’investisseur réinvestir dans des actifs risqués.

Mais d’ici là, la route pourrait devenir chaotique, même si le stimulus des banques centrales semble sans limites, et ce malgré les déficits abyssaux des États. En effet, même si pour l’instant les marchés boursiers occultent cette dette colossale qui s’accumule, cette dernière finira par aspirer l’économie dans une spirale déflationniste si la reprise économique tarde à s’imposer.

D’aucuns espèrent l’annulation pure et simple de la dette des États. Mais déjà les banques centrales, et la BCE en particulier, ont répondu vigoureusement à cette requête par la négative[3]. L’élimination de la dette publique des États pour garantir l’après-crise du coronavirus devrait se faire par le biais de la croissance économique engendrée par les récents investissements étatiques ciblant les secteurs déterminants et par une augmentation des impôts, même si l’impact de la taxation sur le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) est questionnable. En effet, certaines études concluent que l’augmentation de l’impôt sur le revenu corporatif et/ou de la taxe à la consommation a un effet négatif sur le taux de croissance du PIB et ne permet pas d’augmenter les recettes fiscales.[4]

La manière dont les organisations internationales et les États ont géré cette pandémie a non seulement provoqué un changement de paradigme, mais a aussi accéléré certaines transitions. Nous allons définitivement vers une autre économie, plus numérique, plus verte, plus engagée face au changement climatique. La manière de travailler va changer également et la santé publique va définitivement faire partie de nos références.

Chez Blue Bridge, en tant que gestionnaire de patrimoine et Family Office, créateur de valeur pour nos clients, nous demeurons convaincus que 2021 sera une année de reprise. La reprise économique a été retardée, mais non battue en brèche. Nous n’anticipons pas une reprise confirmée avant le milieu de l’année et nous ne sommes pas à l’abri de risques encore inconnus. Quoi qu’il en soit, restons lucides : nous ne retrouverons pas les niveaux d’activité économique d’avant la pandémie avant mi-2022.

 

[1] « Entretien accordé par Christine Lagarde, Présidente de la BCE »; Marie-Pierre Gröndahl et Hervé Gattegno; 7 février 2021; ecb.europa.eu

 

[2] « L’appétit des institutionnels pour le risque en berne », Salima Barragan, 9 février 2021, allnews.ch

 

[3] « Christine Lagarde refuse d’annuler la dette européenne », Etienne Meyer-Vacherand, 8 février 2021, letemps.ch

 

[4] L’impact du mix fiscal sur la croissance économique des provinces canadiennes, 1981-2010; Pouya Ebrahimi, François Vaillancourt, Rapport de projet, février 2012, CIRANO ©