2020, un nouveau départ ?

2020, un nouveau départ ?

Julia Ainsworth, Directrice adjointe, Investissements

julia.ainsworth@bluebridge.ca

Nous ne sommes pas près d’oublier 2020. Bien que ces derniers mois, nous ayons eu tendance à la considérer comme une année perdue, le fait est, et peu importe ce que vous en pensez, qu’elle aura bel et bien existé et laissé sa trace dans l’histoire. C’est arrivé. Il faut l’accepter et aller de l’avant.

Mon objectif aujourd’hui est de vous démontrer qu’il n’y a pas eu que des mauvaises nouvelles, même si la définition du « bon » est toujours une affaire de perspective.

Tout d’abord, c’est une chance que la pandémie ait surgi au moment où notre technologie a suffisamment avancé pour permettre à l’économie de continuer à fonctionner, et ce, même si elle tourne au ralenti. Les entreprises technologiques ont été bien récompensées, tout comme celles qui ont réussi à intégrer leurs produits et services. Par ailleurs, cet élan technologique, moteur majeur des marchés, en particulier aux États-Unis, ne devrait pas disparaître de sitôt. La technologie a remis en question les modèles d’affaires traditionnels et la pandémie est venue entériner les nouveaux, qui auront de profondes implications.

Heureusement, durant l’été, le climat a repris sa place dans les conversations. En grande partie, les gens ont davantage apprécié la nature, ont passé plus de temps dans les parcs et les espaces verts, à la recherche d’une « bouffée d’air frais » face à la pression psychologique due à la pandémie. Ce qui a plutôt suscité des inquiétudes, c’est le volume de déchets provenant des emballages associés au commerce électronique… La pandémie s’est suffisamment calmée entre les vagues pour laisser place à d’autres sujets de discussion. Dans le monde financier, la conversation s’est intensifiée à l’automne. Ce qui est particulièrement encourageant, c’est qu’il est maintenant difficile de trouver un gestionnaire de portefeuille qui ne reconnaisse pas l’importance d’intégrer dans son processus l’investissement responsable et la prise en compte de l’environnement. Les investisseurs exigent que l’on passe à l’action et les gestionnaires qui font la sourde oreille sont confrontés à des obstacles de taille. Ne vous méprenez pas. Les gestionnaires qui sont pleinement engagés dans l’investissement responsable demeurent une minorité – mais il semble y avoir des intentions sérieuses de la part des autres. Bien que l’investissement responsable dans sa forme actuelle soit loin d’être parfait, il constitue un pas important dans la bonne direction et pourrait contribuer de façon significative à résoudre les dilemmes environnementaux et sociaux.

Après une véritable chute libre, les marchés mondiaux ont rapidement changé de cap et exprimé leur optimisme pour le reste de l’année. Au 30 novembre, la plupart des principaux indices s’étaient complètement rétablis. Par exemple, les indices S&P 500, MSCI Monde et MSCI Marchés émergents ont tous obtenus des taux de rendement à deux chiffres. Les indices boursiers qui demeurent négatifs ont néanmoins connu d’importants rebonds. Les perspectives du marché sont-elles justifiées? Le temps nous le dira, mais il y a des signes favorables, notamment le développement de vaccins et la probabilité d’une amélioration des relations sino-américaines.

Nous avons tendance à tenir les choses pour acquises, jusqu’à ce que nous ayons une soudaine prise de conscience. Malheureusement, celle-ci est souvent trop tardive pour éviter les pertes, mais la partie n’est pas terminée pour autant. Voilà que nous avons l’occasion de réfléchir à ce à quoi nous voulons que notre société ressemble – et il ne s’agit pas de faire marche arrière. Pourquoi ne pas prendre le bon de notre monde pré-Covid et le combiner avec une perspective renouvelée pour l’avenir? Notre système économique mondial pourrait-il être rafraichi après des décennies sans dépoussiérage? Pourrions-nous enfin prendre des mesures qui comptent vraiment pour sauver notre planète? Pour peu que nous ouvrions les yeux, nous verrions qu’il existe de nombreuses voies positives à suivre. Évidemment, le potentiel de mauvaises décisions et d’occasions manquées est à prendre en compte. Mais, nous savons désormais que la plupart des dirigeants mondiaux sont capables de s’unir rapidement et l’ont démontré pour faire face au virus. La pandémie nous a forcés à réfléchir différemment et pourrait avoir changé nos perspectives.  Peut-être est la réinitialisation dont nous avions besoin.

Il est actuellement plus facile de définir 2020 comme une année totalement négative, mais pourrait-elle être autre chose que cela ? Et si elle prenait une place dans l’histoire comme un point d’inflexion critique? Et si elle était la voie à suivre, celle-là même qui finira par faire toute la différence?