Après la pluie vient le beau temps!

Après la pluie vient le beau temps!

François Caron

Analyste Stagiaire- Investissement

francois.caron@bluebridge.ca

Impossible de passer sous silence l’apparition du coronavirus. Depuis janvier, celui-ci fait couler beaucoup d’encre à l’échelle mondiale et continuera sans doute dans les prochains mois. En l’espace d’un trimestre, ce virus a fait plus de 6500 victimes[1], 168 000 personnes infectées[2] et transformé une ville de 11 millions d’habitants en une mégalopole fantôme. Sa propagation, relayée par une presse sensationnaliste, a rapidement alimenté la peur d’une pandémie, se reflétant de plus en plus sur les marchés boursiers.

Pendant que les nord-américains avaient les yeux rivés sur leurs écrans et le Superbowl, la population chinoise les avait, elle, fixés sur la bourse. En effet, deuxième économie à l’échelle mondiale, la bourse chinoise connaissait alors sa pire performance quotidienne depuis près de 15 ans.  Aussi étrange que cela puisse paraître, cette descente aux enfers (-7,72%) est survenue suite à l’annonce de la Banque Centrale chinoise de son intention d’investir massivement dans sa propre économie, l’objectif étant de fournir les liquidités nécessaires pour soutenir son système bancaire sous pression.

Jusqu’à tout récemment, les bourses nord-américaines avaient été relativement épargnées par l’impact du COVID-19. Cependant, le discours peu rassurant fait par le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé durant la semaine du 24 février, aura eu un effet immédiat sur les bourses américaines. Suite à cette déclaration, ces dernières ont connu l’une des pires semaines depuis la crise de 2008. Depuis, les marchés n’ont jamais cessé de dégringoler. Et l’annonce du 11 mars n’augure rien de bon à court terme puisque l’OMS a officiellement reclassifié l’épidémie en pandémie.

Face à de tels évènements, il est légitime pour un investisseur de s’inquiéter d’un ralentissement mondial de l’économie. Cependant, cette inquiétude est-elle bien fondée ?

Pour répondre à cette question, il convient d’effectuer un retour dans le temps et de nous ramener en 2003.  Il y a 17 ans, une épidémie similaire, bien que moins contagieuse, avait frappé la Chine et le reste du monde. En effet, ce que l’on appelait le SRAS venait, tout comme le coronavirus aujourd’hui, inquiéter la population et faire faire des soubresauts aux marchés. Alors que certains analystes financiers appelaient au calme, d’autres se faisaient prophètes et annonçaient les pires calamités à venir pour l’économie occidentale. Toutefois, ces dernières ne se sont pas concrétisées. L’impact final de cette épidémie n’aura eu qu’un effet marginal de -0.1% sur notre PIB canadien.

Certains clameront haut et fort que le parallèle peut difficilement être établi, considérant que le PIB de la Chine a plus que décuplé depuis les quinze dernières années. Nous nous référons cependant à une étude intéressante récemment publiée par des analystes financiers de la réputée compagnie Morningstar Inc. Ces derniers ont évalué les conséquences des neuf dernières épidémies survenues sur la planète depuis 1998. Les résultats de leurs recherches sont forts intéressants. En effet, ils indiquent qu’il n’y a pas (ou presque pas) de lien entre les données fondamentales des investissements à long terme et ces épidémies. En conclusion, l’analyse démontre que pour des investisseurs ayant un horizon financier à long terme, l’impact sur leur portefeuille est négligeable.

Bien entendu, à court terme les investisseurs réagissent aux épidémies, ce qui a souvent pour effet de créer un choc négatif sur les rendements de la bourse. En général, ce choc peut se faire sentir durant un à plusieurs mois. En revanche, les observations tendent à démontrer que les marchés ont tendance à récupérer leurs pertes après six mois à un an, donc rien de trop alarmant pour nos portefeuilles. Cela dit, il est important de rester vigilant, puisqu’il est impossible de savoir comment la pandémie progressera.

En conclusion, il demeure judicieux d’interpeller l’investisseur rationnel qui se terre parfois bien loin en chacun de nous en période de turbulence boursière. Il s’avère rarement astucieux de modifier la composition de son portefeuille en de telles circonstances. Il est préférable de garder confiance en les données fondamentales de ses investissements et de se rappeler le vieil adage: « après la pluie vient le beau temps ».

Nous vous souhaitons une fin d’hiver des plus agréables, très loin de tous microbes !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] En date du 16 mars 2020.

[2] En date du 16 mars 2020.