Anticipations !

Anticipations !

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Anticipations !

La Réserve fédérale américaine a encore dominé l’actualité ce mois-ci en contribuant à l’orientation des marchés. En effet, le procès-verbal de la réunion d’avril du FOMC (Federal Open Market Committee) publié le 18 mai a révélé un ton plus agressif que prévue : les anticipations relatives à la hausse des taux d’intérêt attendues à  la prochaine réunion de la Réserve Fédérale en juin sont passées de 4 % quelques jours avant la publication du procès-verbal à 36 % le jour suivant. Toutefois, le scénario le plus probable est que la hausse se produise à la réunion du mois de juillet, élevant ainsi l’anticipation à 53 % en fin de mois. D’ailleurs, lors d’un discours prononcé à la fin mai, Janet Yellen, présidente de la Fed, avait répété qu’une augmentation des taux pouvait être envisagé dans les prochains mois si l’économie et le marché du travail continuaient à s’améliorer.

Les effets d’une anticipation accrue, relativement à la hausse d’intérêts par la Réserve fédérale, ont été ressenties au sein de toutes les classes d’actif. L’effet le plus flagrant a été perçu dans le marché des obligations, où les taux de rendement des obligations américaines ont progressé sur l’ensemble de la courbe, c’est-à-dire à court, à moyen et à long terme. Résultat ? L’écart entre les taux américains et ceux d’autres pays développés s’est creusé davantage, ce qui contribue à maintenir la valeur du dollar américain, en ascension depuis le début du mois. En effet, le dollar américain s’est apprécié considérablement (entre 3 et 4 %) comparativement à l’euro, au yen et au dollar canadien. Son gain de 0,9 % contre la livre sterling était plus modéré, alors que les chances d’un vote pour le Brexit le 23 juin demeurent réparties également, alors qu’environ 20 % des électeurs et électrices sont encore indécis.

Les marchés boursiers ont aussi profité de l’anticipation relative aux taux d’intérêt plus élevés. Les indices S&P 500 et MSCI Europe ont progressé de 1,80 % et de 2,28 % respectivement pendant le mois après avoir été en territoire négatif jusqu’au 18 mai. Le secteur financier, en difficulté depuis le début de l’année, a fortement rebondi à la suite du communiqué de la Réserve fédérale, dans la mesure où le marché s’attend toujours à ce que les banques tirent profit d’un environnement de taux plus élevés. Le secteur de la technologie, quant à lui, a été le plus performant durant le mois de mai. En revanche, les matières premières ont connu un des pires rendements en raison de la chute des prix des métaux. Enfin, le secteur de l’énergie a aussi déçu malgré la hausse du prix du pétrole pendant le mois.

Alors, nous attendons que la Réserve fédérale agisse. Une hausse des taux en juin ou en juillet causerait assurément plus de turbulence sur les marchés. D’une part, elle éliminerait une portion de la liquidité qui a alimenté les marchés au cours des dernières années. D’autre part, elle pourrait être perçue comme un signe que l’économie américaine est finalement sur une assise solide, et qu’il y a de faibles risques économiques en provenance de l’étranger. La leçon : il serait sage pour les investisseurs de bien gérer leurs anticipations, tout simplement.