Je crois que j’ai compris…

Je crois que j’ai compris…

Alain E. Roch

Alain E. Roch, MBA

Président et chef de la direction

Alain.Roch@bluebridge.ca

Cette année, j’ai pris mon temps avant de rédiger ma chronique annuelle sur les perspectives des marchés boursiers. Les tensions géopolitiques de plus en plus constantes, la nouvelle conscience écologique des jeunes et de nos politiciens, la crainte récurrente d’une récession, etc., ne me permettaient pas d’avoir une vision claire. Mais aujourd’hui, à la lumière de la crise sanitaire du coronavirus, je crois que j’ai compris…

J’ai compris que les médias vont accroitre leur influence sur les marchés boursiers, que les journalistes, et pas forcément ceux qui sont spécialistes de l’économie, vont continuer à rendre les bourses volatiles. En surinformant les investisseurs et en « sensationnalisant » les nouvelles, les médias créent de fortes turbulences, des mouvements de panique, heureusement de courtes durées et créatrices parfois d’opportunités.

Aujourd’hui l’activité économique ralentit fortement parce que les 1000 malheureuses victimes du coronavirus sont comparées dans les médias aux 50 millions de morts de la grippe espagnole de 1918…

J’ai compris aussi que les bourses, et les investisseurs, sont résilients et qu’après avoir pris acte d’un événement traumatique, ils se reconstruisent très rapidement d’une façon économiquement acceptable.

Cela étant dit, voilà comment je vais investir en 2020 : je vais continuer à diversifier mon portefeuille, je vais être actif, voire pro-actif et je vais quitter encore un peu plus les marchés publics.

Ce qui signifie de donner des mandats à des gestionnaires susceptibles de détecter les entreprises de qualité raisonnablement valorisées, qui épouseront les tendances qui dominent l’économie, telles que l’informatique du cloud ou l’évolution démographique.

Sous l’angle régional, les marchés émergents recèlent intrinsèquement plus de croissance que d’autres régions à long terme, mais je privilégie encore les États-Unis, qui abritent un grand nombre d’entreprises disposant d’un bon potentiel de croissance. Une croissance lente, une inflation modérée et une Fed accommodante pourraient permettre au cycle économique de se prolonger beaucoup plus longtemps que la plupart des gens ne l’imaginent. Il serait donc bien mal venu de sous-pondérer ce marché.

Et puisque de grandes crises géopolitiques réelles ou médiatiques pourraient survenir, je vais conserver de manière tactique de l’or, pas des minières, de l’or « physique ». Je tiens toutefois à souligner que sur une période prolongée, un portefeuille « risqué » superforme un portefeuille « refuge » contenant de l’or, mais au prix d’une volatilité de court terme considérable qui peut rendre certains investisseurs inconfortables.

Enfin, pour m’éloigner un peu plus des marchés boursiers et retourner aux fondements de l’investissement, je vais continuer à investir, et à faire investir mes enfants, dans les actifs réels, tangibles : l’immobilier, les terrains agricoles et constructibles, la forêt, l’or et l’argent (métal), les œuvres d’art, etc.

Intrinsèquement, ces biens ont une valeur refuge, une valeur patrimoniale, une valeur de croissance, une valeur de rendement et une valeur de loisir. Les 5 V (5 valeurs) essentiels dans le choix d’un investissement à long terme.

A bon entendeur…