Un bear market ? Pas encore !

Un bear market ? Pas encore !

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René Julien, MBA, CFA & Athina Torabi, stagière au sein de l’équipe des investissements

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca
athina.torabi@bluebridge.ca

Les récents mouvements négatifs d’octobre ont poussé les valorisations vers leur niveau le plus faible depuis deux ans. Ces dernières ont principalement été influencées par des politiques monétaires plus strictes, des nouveaux tarifs douaniers ainsi que par des résultats d’entreprises ayant laissé les investisseurs sur leur appétit lors du troisième trimestre. Le « Wall Street Journal » écrivait récemment : « Tous les indices boursiers majeurs en Europe, au Japon, à Shanghai, en Argentine et au Canada se sont amenuisés en territoire de correction; une correction étant une chute d’au moins 10 % par rapport au plus récent sommet observé ». Les États-Unis pourraient être sur le point de rejoindre le club des marchés en correction puisqu’après la journée du 26 octobre, tous les gains réalisés par le S&P 500 et le Dow Jones au cours de l’année avaient été effacés.

S’agit-il d’un signe précurseur d’un bear market ?

Il est très difficile pour nous de prédire si cette récente correction se transformera en un bear market. Nous nous concentrons plutôt sur l’examen des corrections passées et constatons qu’historiquement la plupart des corrections ne se sont pas transformées en bear market (période durant laquelle le marché perd 20 % ou plus). En effet, les États-Unis sont passés à travers 22 corrections depuis le mois de novembre 1974. Parmi celles-ci, seulement quatre se sont transformées en bear markets soit en 1980, 1987, 2000 et 2007. De plus, il y a eu six corrections qui ne se sont pas transformées en bear market depuis le début du marché haussier de 2009 jusqu’à tout récemment en février 2018. En fait, les bear markets se produisent lorsque l’économie est en difficulté, voire même en récession, et les probabilités qu’une récession survienne au cours des 12 prochains mois est très faible, et ce, même si les grandes économies mondiales autres que celle des États-Unis connaissent un ralentissement de leur croissance. En fait, selon les projections pour 2019, ces économies pourraient connaître une croissance même si elle se révèle  moins soutenue qu’auparavant.

L’agitation des derniers mois sur les marchés boursiers est sans contredit une conséquence de la hausse des taux d’intérêt qui est un effet secondaire d’une croissance économique soutenue. En effet, depuis la fin de l’année 2015, la Fed augmente son taux directeur parallèlement à une économie qui se porte de mieux en mieux. Ainsi, on s’attend à ce qu’elle le fasse de nouveau au mois de décembre prochain. Malgré les préoccupations de certains qui affirment que ces augmentations sont trop rapprochées et que la Fed finira par provoquer une récession, tout porte à croire qu’elle va maintenir le rythme puisque l’économie est solide. En outre, les marchés ont été ébranlés par diverses tensions géopolitiques, notamment en Italie et en Turquie, ainsi que par la relation tendue entre les États-Unis et la Chine.

À notre avis

En somme, les marchés passent présentement à travers diverses turbulences qui viennent augmenter leur volatilité. En conséquence, nous ne voyons pas la récente correction comme le début d’un bear market. Nous préconisons la patience et décourageons les décisions prématurées menant à une liquidation des actions. Historiquement, ces corrections sont souvent suivies d’une hausse qui ira atteindre les sommets précédents. C’est à ce moment-ci que l’état des marchés et de l’économie pourraient justifier une réallocation des actifs dans le portefeuille. Il est important de rappeler à nos clients que nos portefeuilles sont stratégiquement bâtis avec une plus petite allocation aux actions que chez nos concurrents. Cette stratégie est particulièrement efficace lors de courtes périodes difficiles comme celle d’octobre. En gardant tout ceci à l’esprit, nous demeurons extrêmement vigilants à tout changement qui pourrait survenir et modifier l’environnement économique ou les marchés.