Revue des marchés – 3e trimestre 2017

Revue des marchés – 3e trimestre 2017

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Le trimestre qui vient de se terminer pourrait facilement être qualifié de tempétueux. En effet, il a été marqué par trois ouragans dévastateurs qui se sont abattus sur les Caraïbes et qui ont ensuite frappé le littoral américain. Les relations houleuses entre les États-Unis et la Corée du Nord y sont aussi pour quelque chose. En dépit des tensions géopolitiques et de l’impact économique négatif des ouragans (ce qui est généralement temporaire pour l’ensemble de l’économie américaine), l’économie mondiale a continué d’avancer à un rythme constant, sans toutefois qu’il soit impressionnant. En conséquence, les marchés boursiers mondiaux ont continué à progresser au cours du 3e trimestre. La croissance des marchés européens s’est établie à 2,7 %, celle des États-Unis a atteint 4,5 % et celle du Japon se chiffre à 2,3 % (dans les monnaies locales). Les marchés émergents ont été les plus performants avec un gain de 7,9 % pour l’indice MSCI Emerging Markets (en dollars américains). Pour ce qui est du cumul annuel jusqu’à ce jour, les marchés émergents atteignent maintenant un étonnant 27,8 % alors que ceux de l’Europe ont crû de 9,6 %, ceux des États-Unis de 14,2 % et ceux du Japon de 8,3 %.

Un fait à noter concernant les performances des marchés boursiers cette année : la différence entre les principaux marchés sur le plan des facteurs contributifs au rendement total. La croissance du BPA, d’une part, a été le plus important facteur de rendement pour tous les marchés principaux. Les dividendes ont aussi contribué équitablement aux rendements sur tous les marchés, sauf en ce qui concerne les marchés émergents. Compte tenu des évaluations qui semblent déjà assez élevées, il s’avère surprenant que les rendements des marchés américains aient également bénéficié de l’accroissement des multiples. Autrement dit, le marché est devenu encore plus coûteux. En contrepartie, les marchés européens et japonais ont fortement progressé cette année malgré la compression des multiples.

Pour les investisseurs possédant des portefeuilles mondiaux, les mouvements de devises ont eu un impact majeur sur la performance au 3e trimestre, lorsque celle-ci est mesurée dans leurs devises de base. L’euro a gagné 3,4 % par rapport au dollar américain, 0,5 % par rapport à la livre sterling et 2,6 % par rapport au yen. L’étonnante amélioration de l’activité économique dans la zone euro, la réduction du risque géopolitique et les importants flux de fonds, en particulier vers les actions européennes, ont tous contribué à l’appréciation de l’euro par rapport au dollar américain et aux autres devises principales. Ainsi, en raison de la faiblesse du dollar américain, un investisseur européen aurait obtenu, pour ses actions américaines par exemple, des rendements plus faibles que ceux énumérés ci-dessus. Il en va de même pour un investisseur canadien alors que notre dollar s’est apprécié face au dollar américain et à l’euro au cours des trois derniers mois.

Parallèlement, le marché obligataire a enregistré des rendements relativement modestes au cours du trimestre, comme le laisse voir l’indice Barclays US Aggregate Bond, qui a majoré de 0,85 % alors que son équivalent européen n’a augmenté que de 0,58 %. Bien que les taux de rendement aient sensiblement changé pendant cette période, ils ont essentiellement terminé le trimestre au même niveau auquel ils l’avaient commencé. Le taux de rendement des obligations américaines 10 ans se chiffrait à 2,32 %, alors que le Bund allemand était à 0,45 % le 30 septembre.

La hausse des tensions géopolitiques et la faiblesse du dollar américain ont aidé à propulser l’or à une valeur impressionnante de 1 351 $ l’once au début de septembre. Même si le prix est retombé à 1 280 $ à la fin du trimestre, l’or a tout de même généré un gain de 3,1 % pour la  période sous revue.

Historiquement, le mois de septembre offre les pires rendements de l’indice boursier S&P 500. De plus, le dernier trimestre a offert un bon nombre de raisons pour lesquelles le marché aurait dû se déprécier. Pourtant, ce dernier a continué de résister aux chocs. Néanmoins, en tant qu’investisseurs prudents, nous convoitons constamment créer pour nos clients des portefeuilles à toute épreuve, en sachant fort bien que la prochaine tempête surgira inévitablement.