Revue des marchés – 2e trimestre 2017

Revue des marchés – 2e trimestre 2017

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Les marchés boursiers ont continué de progresser au deuxième trimestre grâce en grande partie à de solides bénéfices des entreprises. En Europe, l’effet positif d’une réduction du risque politique, à la suite de l’élection du candidat pro-européen Emmanuel Macron en France, a été contré par les craintes que l’assouplissement quantitatif puisse se terminer. En conséquence, l’indice MSCI Europe a déçu en gagnant seulement 0,68% sur le trimestre (tous les rendements en monnaie locale). Entre-temps, aux États-Unis, le S&P 500 a gagné 3,09%, et cela malgré l’incertitude persistante entourant la capacité de l’administration Trump à mettre en œuvre ses politiques et face à une augmentation supplémentaire de 25 points de base par la Fed. Les marchés européens et américains ont été menés par les titres dans les secteurs de la santé, des finances, de la technologie et de l’industrie. Globalement, les rendements des titres de style croissance et de petites capitalisations ont surpassé ceux de style valeur et de grandes capitalisations. Pendant ce temps, l’indice japonais Topix a progressé de 6,76% et l’indice MSCI Emerging Markets a progressé de 6,56%, tous deux dominés par le secteur de la technologie. En revanche, les actions canadiennes ont diminué de 1,64% au deuxième trimestre suite à de mauvaises performances des secteurs des matériaux et de l’énergie, d’autant plus que le prix du pétrole est passé de 51,87 $ à 46,33 $, soit une perte de 10,7%.

Le marché obligataire a également affiché des rendements positifs, au cours du trimestre, alors que l’indice Barclays Global Aggregate a gagné 2,60%, en dollar américain. La performance dans le marché obligataire a été menée par le secteur du crédit aux États-Unis et par les émissions à haut rendement (high yields) en Europe. Les commentaires plus agressifs par certains banquiers centraux ont entraîné une augmentation des rendements à la fin du trimestre, ce qui a entraîné des gains réduits pour les bons du Trésor des États-Unis, les Bunds allemands et les Gilts du Royaume-Uni. Le rendement du Trésor à 10 ans a démarré le trimestre à 2,39%, est tombé à 2,14% et s’est clôturé à 2,31%. Pendant ce temps, l’équivalent allemand a commencé à 0,33%, a plongé à 0,23% et a fermé plus haut à 0,47%.

Le rétrécissement des écarts entre les taux de rendement américains et allemands, l’amélioration de l’activité économique dans la zone euro et de forts flux de capitaux vers les actions européennes ont entraîné une hausse de l’euro d’environ 7,3%, soit un taux de  $1,143 en fin de trimestre. Le dollar américain était aussi plus faible par rapport aux autres devises principales, reflétant les incertitudes politiques et les nouvelles économiques décevantes aux États-Unis, ainsi que le resserrement monétaire dans d’autres grandes économies. Le dollar canadien a profité de ce sentiment général et, après avoir atteint un bas niveau pour l’année à 0,7273 $ au début du mois de mai, il s’est rallié pour clôturer le trimestre à 0,7714 $, soit un gain de 2,73% par rapport au dollar américain sur la période.

D’après de nombreuses mesures, le marché américain reste cher. Cependant, la croissance attendue des bénéfices peut continuer à supporter des valorisations élevées pendant encore un certain temps. De plus, le momentum et les indicateurs avancés du marché restent positifs. Alors que la croissance économique reste quelque peu tiède, le risque d’une récession américaine semble peu probable. Les opportunités abondent en dehors des États-Unis. Les investisseurs ont bougé leur capital vers l’Europe et les marchés émergents afin de profiter de meilleures valorisations et perspectives de croissance des bénéfices. Les obligations restent moins attrayantes, bien qu’un mouvement relativement important des taux (environ jusqu’à 3% sur les bons du Trésor Américains de 10 ans) créerait probablement une opportunité d’achat. Cela dit, les conditions monétaires restent favorables aux marchés boursiers, malgré les inquiétudes concernant la fin de l’assouplissement quantitatif en Europe et une hausse au Canada.