Novembre fou

Novembre fou

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René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Novembre fou

Novembre s’est terminé sur une note festive, alors que les Américains célébraient l’Action de Grâce et que les magasins se remplissaient de personnes à la recherche des meilleurs rabais offerts lors du Vendredi fou et du Cyberlundi. Ce prélude  aux courses de Noël est un indicateur important de l’humeur des consommateurs américains, et donc de la vigueur de l’économie aux États-Unis. Ce pourrait aussi être l’élément déclencheur d’un « rallye du père Noël » en fin d’année. Malheureusement, le Novembre fou de cette année passera tristement à l’histoire en raison des événements tragiques qui ont eu lieu à Paris ce dernier vendredi 13. Nos pensées vont à tous ceux qui ont perdu des êtres chers.

Malgré la douleur de ce drame, les marchés financiers ont continué de fonctionner. Aux États‑Unis, des données sur l’emploi se sont avérées meilleures que prévu et ont augmenté la probabilité (au-dessus de 70 %) que la Fed annonce sa première hausse de taux en décembre. Entre-temps, en Europe, des résultats décevants en matière de croissance économique et un taux d’inflation toujours modique ont incité Mario Draghi à indiquer que la BCE était prête à utiliser tous les moyens mis à sa disposition pour faire croître l’inflation, augmentant ainsi les attentes pour des mesures de relance monétaire additionelles en décembre. Comme prévu, le rendement des obligations de 10 ans des États-Unis a connu une hausse durant le mois, alors que celui des obligations de l’Allemagne a évolué en sens contraire. Par conséquent, l’euro a enregistré une baisse de 4 cents en novembre, pour clôturer à 1,056 $ US.

De plus, d’autres données économiques décevantes en Chine ont continué à peser sur le prix des matières premières pendant le mois, ce qui a contribué à contenir l’inflation. En effet, le prix du cuivre a chuté d’environ 15 % en novembre. Pendant ce temps, soutenu par l’offre excédentaire qui persiste, le prix du baril de pétrole a encore reculé de 5 dollars pour clôturer à 45 dollars (Brent). Ainsi, la faiblesse des prix des matières premières représente toujours une des nombreuses raisons pour lesquelles les marchés émergents, qui ont baissé de 2,69 % au cours du mois en devises locales, obtiennent un rendement décevant. À l’inverse, les marchés européens ont progressé, suivant les anticipations d’un soutien supplémentaire de la BCE, et l’indice MSCI Europe a clôturé à 2,68 %. L’indice S&P 500, quant à lui, a lutté pour demeurer en territoire positif, clôturant le mois avec un faible gain de 0,30 %, alors que les investisseurs ont évalué les effets d’une croissance économique positive par rapport à la perspective de taux d’intérêt plus élevés.

En dépit de l’humeur du consommateur pendant le temps des Fêtes et compte tenu de sa volonté à dépenser ou non, c’est l’humeur des investisseurs en réaction aux décisions de la Fed et de la BCE qui constituera le moteur du rendement des marchés en décembre. Janet Yellen et M. Draghi passeront-ils à l’histoire pour la gaieté qu’ils amèneront aux marchés et avoir amplifié le « rallye du père Noël », ou seront-ils comparés au Grinch qui voulait gâcher Noël? Après un mois de novembre fou, un peu de « joie sur la Terre » ne serait pas de refus pour terminer l’année en beauté.

Joyeuses Fêtes à toutes et à tous !