Les hedge funds ont-ils fait leur temps?

Les hedge funds ont-ils fait leur temps?

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Ronald L.Mayers

Premier Vice-président, Gestion de patrimoine

Ron.Mayers@bluebridge.ca

Après les pertes de 2015 et la terne performance qui a suivi, on peut se le demander.

Les hedge funds prétendent offrir des retours indépendants des marchés.  Ils y arrivent en restreignant les risques qu’ils prennent au sein de leur expertise analytique, et en limitant (en couvrant) les risques restants. Les meilleurs fonds offrent un meilleur rendement que les marchés plus vastes pendant de longues périodes. Cela signifie qu’ils font de l’argent (ou en perdent moins) lorsque les indices de marchés sont négatifs.  Un corollaire fréquent de ce mécanisme est qu’ils sous-performent (gagnent moins ou perdent) lorsque les indices sont positifs.  C’est ce qu’ils ont fait durant la récente période de marché haussier.

La structure de frais traditionnelle des hedge funds, soit 2 % en frais de gestion et 20 % des profits, est largement obsolète. Même à rabais, ils transfèrent les risques du gestionnaire à l’investisseur, à une période où les faibles taux persistants représentent déjà un plus grand risque pour un retour plus faible. De plus, le style de vie très médiatisé des gestionnaires de ces fonds a attiré beaucoup de personnes sous-qualifiées pour les diriger.  Il existe peut-être quelques douzaines de gestionnaires dans le monde dont les prouesses justifient de tels frais, mais il n’en existe certainement pas des centaines.  Des sommes excessives de capital, placées dans les mains de ces amateurs, ont entraîné une trop grande quantité de capital qui s’empilait dans une trop petite quantité de filons potentiels hautement publicisés. Il était facile d’entrer sur ces marchés « surpeuplés » (Valeant vous dit quelque chose?), mais il était difficile d’en sortir sans pertes substantielles.

La confusion qui en a résulté a été bénéfique pour les investisseurs.  Plusieurs fonds ont été fermés.  Les gestionnaires ont commencé à assumer une plus grande part des risques.  Pour tous les gestionnaires sauf une poignée des plus recherchés, le modèle « 2 % et 20 % » a été réduit ou remplacé par des frais fixes ou basés sur un rendement positif.   Cependant, les marchés haussiers ne sont pas éternels. La majorité des gestionnaires de hedge funds font de leur mieux pendant que les marchés sont en mauvais état.  L’absence d’une « marée haute qui soulève tous les bateaux » permet aux gestionnaires de dénicher des occasions sous-évaluées.  C’est là où les hedge funds connaissent leur heure de gloire, du moins en théorie.

La combinaison de la diminution du nombre de fonds, de la réduction des frais et du retour à la normale des marchés signifie que la quantité d’idées d’investissements devrait augmenter.  Nous continuons à chercher et identifier les gestionnaires de hedge funds qui devraient réussir à prospérer dans cet environnement changeant.

Ainsi, les hedge funds n’ont pas totalement fait leur temps, mais les temps ont définitivement changé pour eux.