Le sport se féminise : des avancées sur tous les terrains, mais encore du chemin à faire

Le sport se féminise : des avancées sur tous les terrains, mais encore du chemin à faire

Andréanne Gagné

Adjointe administrative et coordonnatrice de bureau de Montréal Administrative

andreanne.gagne@bluebridge.ca

La place des femmes dans le sport est de plus en plus grande. Nous sommes déjà très loin des premiers Jeux olympiques de l’ère moderne, dans lesquels aucune femme n’a pu participer en 1896. Petit à petit, les femmes ont su prendre leur place dans un monde typiquement masculin. En 2017, nous retrouvons des équipes féminines dans les réseaux professionnels d’envergure. À titre d’exemple, prenons l’Europe, où la plupart des grands clubs de soccer ont leur pendant féminin qui évolue dans les divisions premières. Il en est de même pour la NBA (National Basketball Association) qui créa, en 1996, la WNBA (Women National Basketball Association), une ligue professionnelle pour les femmes. L’avancée de ces équipes professionnelles donne la chance aux femmes d’évoluer et de gagner leur vie tout en vivant leur passion, ce qui était presque impossible il y a quelques décennies. Nous voyons également de plus en plus de femmes arbitres et de commentatrices sportives sur divers réseaux médiatiques partout dans le monde.

Par contre, il reste encore des disparités et des inégalités entre les femmes et les hommes pour ce qui est du sport. L’équipe de soccer féminine des États-Unis a fait la une en 2016 en dénonçant les différences salariales entre les femmes et les hommes. Cinq joueuses ont accusé la Fédération de soccer des États-Unis de discrimination. Il faut dire que l’équipe de soccer féminine des États-Unis est l’une des plus titrées au soccer féminin : championne de trois Coupes du Monde, quadruple championne des Jeux olympiques, sans oublier qu’elle est classée deuxième dans le monde actuellement. Quant à eux, les hommes se qualifient de peine et de misère pour certaines Coupes du Monde (mais ne seront pas de la partie lors de la prochaine édition en Russie, en 2018) et ne produisent pas les résultats voulus lors de leurs apparitions aux Olympiques. On estime que la Fédération de soccer des États-Unis accorde un bonus de 75 000 $ à chaque membre de l’équipe féminine lors des victoires au Mondial, alors que du côté masculin, le bonus de victoire prévu est d’environ 425 000 $ par joueur[1].

Outre l’iniquité entre les clubs féminins et masculins du même pays, cette disparité existe également au sein de la fédération internationale. En 2015, l’équipe américaine féminine a reçu 2 M$ de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) après avoir gagné la dernière édition de la Coupe du monde, alors que l’équipe masculine de l’Allemagne a reçu 35 M$ en 2014[2].

Bien que les femmes aient gagné beaucoup de terrain dans le monde du sport, il reste des progrès à faire pour rendre équitable la reconnaissance monétaire des succès ainsi que bien d’autres enjeux.

 

[1] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/773278/soccer-salaire-discrimination-feminin-etats-unis

[2] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/773278/soccer-salaire-discrimination-feminin-etats-unis