Le marché immobilier canadien: des questions toujours sans réponse

Le marché immobilier canadien: des questions toujours sans réponse

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Pascal Laliberté

Analyste | Investissements

pascal.laliberte@bluebridge.ca

Étant toujours à la recherche de nouvelles opportunités d’investissement, Blue Bridge tente d’élargir son offre de produits alternatifs afin de diversifier ses sources de rendement. Le secteur immobilier peut s’avérer attrayant du point de vue d’un investisseur, mais requiert une attention particulière à la politique monétaire et à l’environnement macroéconomique.

Suite à la publication des plus récentes statistiques sur l’économie canadienne, un bilan plutôt positif, le Gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz, a tenu un discours encourageant quant aux perspectives futures de la politique monétaire. Plusieurs acteurs du milieu financier ont perçu les paroles du Gouverneur d’un bon œil et attribuent une probabilité d’une hausse des taux d’intérêt à 81%[1] d’ici la fin de l’année 2017.

Toutefois, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et plusieurs investisseurs restent craintifs quant à une possible surchauffe du marché immobilier canadien advenant une augmentation des taux d’intérêt. M. Poloz rappelle toutefois que la présence d’immigration nette ainsi qu’un fort marché de l’emploi, principalement dans les régions de Toronto et Vancouver, expliquent un rythme de croissance au-delà du niveau soutenable de l’économie. Il précise alors qu’une hausse de taux sera moins dommageable qu’anticipée vu ces fondements bien établis. Le Gouverneur met cependant en garde contre la présence de spéculation excessive. C’est d’ailleurs la principale raison expliquant la mise en place de politiques par les gouvernements ontariens et celui de la Colombie-Britannique, visant à limiter les investissements étrangers dans le secteur immobilier.

Le gouvernement ontarien suit son homologue de la Colombie-Britannique

En août 2016, le gouvernement de Colombie-Britannique, qui a vu croître son indice immobilier à un rythme de 50%[2] durant les trois dernières années, a tenté de prévenir les futures spéculations sur les achats de propriétés. Pour ce faire, ils ont instauré une taxe de 15% sur l’achat d’immeubles, résidences ou unités de logement, par les investisseurs étrangers. Suite à cette nouvelle imposition, les valeurs immobilières du Greater Vancouver ont reculé de 3%[3], mais ont toutefois rebondi au début de l’année 2017, approchant de nouveau son sommet. Le mois passé, le gouvernement ontarien, qui, quant à lui, a vu une hausse de ses propriétés supérieure à 40%[4] durant ces mêmes années, a appliqué la même stratégie en invoquant la mise en place d’une taxe réservée aux investisseurs étrangers de 15% sur l’achat de propriétés. Le gouvernement est persuadé que cette mesure sera plus efficace que celle de son homologue de l’ouest expliquant que la hausse des valeurs immobilières de Toronto et de ses environs est davantage poussée par la spéculation que celle de la région de Vancouver, qui, quant à elle, est majoritairement fondée par une hausse de l’immigration. Le plan ontarien mentionne aussi l’implantation d’une hausse maximum des loyers fixée à 2,5% annuellement afin de la lier au niveau de l’inflation. Une plus grande flexibilité des municipalités à contrôler les taxes foncières est aussi à prévoir dans le but d’influencer le marché immobilier à la baisse au besoin.

À titre de comparaison, le Grand Montréal a vu son indice grimpé de 15% entre 2014 et 2017[5], ce qui est largement inférieur à Vancouver et Toronto. Bien que les valeurs soient en hausses, elles semblent plus raisonnables et peuvent donc être vues comme des opportunités d’investissement.

[1] (Bloomberg, 2017)

[2] (Real Estate Board of Great Vancouver, 2017)

[3] (Financial Post, 2017)

[4] Idem.

[5] (ACI, 2017)