Investissement et financeles tendances 2016

Investissement et financeles tendances 2016

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Jean-Michel Charette, M.Sc, CFA

Analyste sénior

jean-michel.charette@bluebridge.ca

Investissement et finance: les tendances 2016

Commençons l’année du bon pied avec un coup de projecteur sur les grandes tendances en finance. Présents depuis plusieurs années, ces courants arrivent tranquillement à la connaissance du grand public. De plus, ces orientations risquent de perdurer plusieurs années encore. Nous avons même discuté de certains de ces sujets par le passé.

La tendance la plus ancienne est probablement celle de l’abondance de produits d’investissement dits passifs. Les premières versions de ce type de produit servaient à répliquer les grands indices comme par exemple l’indice américain S&P 500. Dorénavant, quelques produits sont un peu plus sophistiqués et utilisent des facteurs qui ont bien fonctionné historiquement comme par exemple la croissance du dividende année après année. Ces produits ont cependant quelques failles, notamment les frais plus élevés que les produits purement passifs et les périodes réduites de tests historiques qui peuvent avoir été effectués pour déterminer la pertinence d’un facteur donné. Étant donné les frais peu élevés et la qualité de gestion que nous obtenons auprès de nos gestionnaires, ces produits nous sont utiles uniquement de manière temporaire pour nous permettre une exposition à un risque désiré.

Bien que cette première observation soit valable pour la majorité des investisseurs et qu’elle se révèle plus forte pour les petits investisseurs, la tendance suivante n’est présente qu’au niveau des acteurs ayant une certaine somme à engager. Effectivement, la recherche de revenu périodique est en vogue dans un environnement de taux d’intérêt pratiquement nul. Par contre, les placements offrant des intérêts un peu plus élevés sont plus risqués et surtout plus illiquides, tels que l’immobilier et la dette privée. Ces placements ne sont pas pour toutes les bourses, il y a souvent un montant minimal à assurer pour y investir. Nous avons d’ailleurs déjà discuté de ce sujet dans nos éditions précédentes.

Abordons maintenant un sujet très tendance, dans le domaine de la finance cette fois-ci : le sociofinancement (crowdfunding). Cette ressource bouleverse la façon dont les petites entreprises peuvent trouver du financement. Au lieu d’aller vers leur banque, les anges investisseurs et les firmes de capital de risque, elles se tournent vers des sites internet tels que Kickstarter ou autres. Cette tendance a commencé il y a quelques années sous la forme de précommande. Par exemple, cela est utilisé dans le domaine musical pour la création d’un album. Le public est libre de faire un don et dépendamment du montant, ils peuvent recevoir un CD, un t-shirt, un concert privé. Dorénavant, le sociofinancement va plus loin et permet parfois des parts de profits dans le projet à naître.

Dans le même ordre d’idées, nous observons l’émergence des cryptomonnaies. La plus connue est définitivement le Bitcoin, plusieurs entreprises commencent d’ailleurs à l’accepter comme mode de paiement. Dans un monde parfait, les devises digitales permettraient des transferts d’argent sans friction et à très peu de coût, et cela sans l’intervention des gouvernements et des banques. Cependant, nous sommes encore loin de cette situation et plusieurs questions restent en suspens concernant ces devises digitales.

Pour finir, notons, l’arrivée des conseillers-robots (robot-advisor), ces algorithmes qui offrent des solutions peu coûteuses. Par contre, l’offre est généralement peu flexible et convient surtout aux jeunes qui débutent avec peu de capital et n’ont donc pas accès aux offres de services plus développés.

Attendons-nous à ce que ces tendances, toutes dérivées d’avancées technologiques, soient encore dans l’air du temps pendant plusieurs années. Jusqu’au jour où ces phénomènes émergents deviendront la norme. Nous ne manquerons pas de vous en parler dans ces colonnes.