L’inattendu s’est produit !

L’inattendu s’est produit !

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Frédérick Castonguay, CFA

Chef des investissements

Frederick.Castonguay@bluebridge.ca

L’inattendu s’est produit !

Le 23 juin 2016 a marqué l’histoire. Le Royaume-Uni a décidé de quitter l’Union européenne! Jusqu’au jour fatidique, les sondages prédisaient que le Royaume-Uni allait demeurer un membre de l’UE. Au cours des premières journées boursières suivant le Brexit, la volatilité des marchés financiers était palpable. Comme toujours, la dernière chose que les gens devraient faire lors de tels événements est de s’empresser de vendre. Or, le 24 juin, nous avons avisé nos clients que nous n’allions pas vendre. Lorsqu’un événement comme celui-ci se produit, de nombreuses occasions ont tendance à se présenter en un court laps de temps.

Au cours de la semaine du 27 juin, nous avons discuté avec nos différents gestionnaires de portefeuille externes. De nombreux titres boursiers se sont survendues pour des raisons injustifiées, créant ainsi de grandes possibilités d’achat. Tous nos gestionnaires ont profité de ces nouvelles opportunités de marché. Voici un exemple d’une occasion d’achat après les résultats du Brexit : le 23 juin, le S&P 500 a clôturé à 2 113 points. Le 27 juin, l’indice avait reculé de 122 points (‑5,7 %) avant de regagner 107 points (+5,3 %) à la clôture le 30 juin. Pour donner un exemple plus précis et conventionnel, le titre  Microsoft a perdu environ 6 % de sa valeur lors des deux premiers jours suivant le vote pour ensuite regagner 6 % au cours des trois jours suivants. Les investisseurs adeptes du contre-courant systématique sont excités lorsqu’ils réussissent à acheter des actions à rabais. Un investisseur plus téméraire aurait pu placer des fonds dans l’indice général du Royaume-Uni FTSE 100 à environ 6 000 points le 27 juin, après une perte de 300 points à la clôture le 23 juin, et aurait réalisé un gain de 8 % à la clôture le 30 juin!

Au cours de la dernière semaine de juin, les devises ont subi des fluctuations importantes. La livre sterling a baissé de 11 % par rapport au dollar américain, alors que l’euro a perdu 3 % contre ce dernier. Comme dans la plupart des périodes de perturbations, le dollar américain a été utilisé comme valeur refuge. Au fur et à mesure que les répercussions du Brexit deviennent plus claires, nous pouvons nous attendre à ce que la livre sterling s’affaiblisse un peu plus. Le même phénomène pourrait se produire avec l’euro, à plus long terme, car en perdant le Royaume-Uni, la zone euro aura perdu un membre économiquement puissant.

L’or, considéré par plusieurs comme une devise ou une valeur refuge, a gagné 5 % en dollars américains du 23 au 30 juin. Une autre raison de la hausse des prix de l’or : les taux d’intérêt réels (taux nominal moins l’inflation) à l’échelle mondiale sont très faibles, voir négatifs. L’argument classique contre le maintien de l’or est qu’il ne génère pas de revenus. Toutefois, lorsque l’autre option pour un Européen est d’investir de l’argent dans les obligations qui ont un rendement négatif, l’or devient attrayant. De même, lorsqu’un investisseur canadien obtient un rendement de 1,1 % sur des obligations canadiennes sur 10 ans, alors que le taux d’inflation est de 1,7 % (ce qui donne un taux d’intérêt réel de -0,6 %), l’or constitue également une option intéressante.

Finalement, les taux d’intérêt ont de nouveau chuté à des niveaux nettement inférieurs la semaine dernière. Je trouve qu’il est vraiment difficile d’investir en revenus fixes en tant que classe d’actifs en général, à l’exception des obligations corporatives et/ou crédits de qualité qui sont en mesure de générer un rendement supplémentaire aux obligations gouvernementales. L’inconvénient de maintenir un crédit de qualité est que, dans un marché volatile, à court terme, le crédit produit un rendement généralement inférieur à celui des obligations gouvernementales. Toutefois, à plus long terme, le crédit de qualité revient habituellement en force.

Comme avec la plupart de ces événements inattendus, la réaction initiale – la panique – est toujours exagérée. L’investisseur averti comprend ce comportement typique du marché, ne réagit pas de façon excessive et, peut-être, tire profit des possibilités nouvellement créées.