Fluctuations saisonnières des marchés boursiers

Fluctuations saisonnières des marchés boursiers

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Frédérick Castonguay, CFA

Chef des investissements

Frederick.Castonguay@bluebridge.ca

Fluctuations saisonnières des marchés boursiers

Comme nous l’avons mentionné dans notre dernier éditorial, septembre est habituellement un mois lugubre pour les investisseurs. C’est à nouveau le cas cette année, avec l’indice S&P 500 qui a reculé de 2,5 % à la suite d’un mois d’août difficile. Si nous remontons le temps jusqu’en l’an 1926, nous remarquons que le seul mois de l’année ayant dégagé un rendement moyen négatif est le mois de septembre. Comme nous avons tous pu le constater, les choses n’étaient guère différentes cette année. Les analyses statistiques ont démontré que la période idéale pour investir est située à la fin septembre ou au début octobre et que la période propice pour vendre des actions est au mois de mai, comme le dit si bien le dicton « En mai, prenez vos profits et partez ». L’analyse des douze derniers mois permet de constater que le meilleur point d’entrée pour investir dans l’indice S&P 500 aurait été à la mi-octobre de l’année dernière, à un niveau d’environ 1875, et que le point de sortie optimal aurait été en mai, à environ 2125. Pour les investisseurs qui flairent parfaitement le marché, cela aurait représenté un rendement d’environ 13 % en dollars américains. Compte tenu des événements boursiers des douze derniers mois, tout investisseur aurait été satisfait de ce gain. Quant aux investisseurs européens et canadiens, ils auraient profité beaucoup plus de ce taux de rendement, puisque leur monnaie locale a connu une dévaluation considérable comparativement à la monnaie américaine durant cette période.

En octobre de cette année, l’indice S&P 500 se situait à 1920 au début du mois et s’est terminé à 2079 le 31, pour afficher un rendement total de 8 %. En somme, octobre a permis de récupérer les pertes d’août et de septembre. Nous ne sommes pas en train d’affirmer que les investisseurs devraient uniquement investir selon les fluctuations saisonnières, mais qu’ils devraient au moins en tenir compte lorsqu’ils élaborent leur stratégie d’investissement. En effet, nous considérons le caractère saisonnier comme étant un des multiples outils à employer lors de la répartition d’actifs et non comme l’unique solution. La preuve marquante des dangers liés à ce type de stratégie est la crise financière de 2008-2009 qui aurait ruiné n’importe quel investisseur ayant pris le facteur saisonnier pour seule considération. Le pire moment pour acheter des actifs était au mois de septembre 2008, alors que le marché boursier a chuté jusqu’au début de 2009. En sortant du marché en mai, tout investisseur aurait manqué la chance de participer à l’une des augmentations de prix les plus substantielles jamais enregistrées.

Où en sommes-nous aujourd’hui? Nous croyons qu’il est actuellement impossible d’investir dans les marchés aveuglément ou en se basant uniquement sur une tendance historique. Il est important de porter une attention particulière aux revenus des sociétés. Jusqu’à maintenant, certaines sociétés produisent des résultats positifs importants, tandis qu’un nombre grandissant de sociétés ratent leurs cibles. Cela démontre que le recours à l’analyse fondamentale dans la sélection de titres est l’élément clé dans cette phase tardive du cycle économique. Comparées aux revenus fixes, les actions demeurent toujours une option attrayante, puisque les taux d’intérêt sur les obligations à long terme sont à la hausse. Concernant le prochain facteur saisonnier, à savoir, le « rallye du père Noël », il dépendra fortement de la Réserve fédérale américaine et de sa décision  d’augmenter ou non les taux d’intérêt avant la fin de l’année.