Faux départ

Faux départ

lowres_3662_09-16-René-2

René Julien, MBA, CFA

Directeur des investissements

rene.julien@bluebridge.ca

Faux départ

Pour les athlètes, il est crucial de prendre un bon départ. Nous voulons marquer le premier but, prendre les devants dès les premières secondes de la course et poursuivre sur cette lancée pour mettre toutes les chances de notre côté et terminer premier. Il en va de même sur les places boursières. Selon le Stock Trader’s Almanac, l’orientation du marché en janvier permet de prédire 75 % du temps sa trajectoire pour l’année. Ainsi, un départ en force est le signe précurseur d’une bonne année, et vice versa.

Malheureusement, les marchés n’ont pas connu un très bon départ en ce début d’année. Dès le premières séances boursières, la Chine a secoué les investisseurs, alors qu’une autre dévaluation inattendue du yuan a ajouté à l’inquiétude relative à l’économie chinoise. Par conséquent, dans le monde entier, les actions ont brusquement chuté et n’ont pu se redresser, avec pour conséquence une baisse respective en janvier de 5,1 %, de 6,2 % et de 5,2 % (en dollars américains, en euros et en monnaie locale) des indices boursiers S&P 500, MSCI Europe et MSCI Marchés émergents en janvier. Le S&P 500 n’a pas de connu de mois de janvier aussi décevant depuis la crise financière de 2009. Les prix du pétrole ont continué leur dégringolade, alors que le baril de Brent a dérapé pour atteindre une valeur au plus bas de 27,88 $ à la mi-janvier, avant une remontée lors des derniers jours pour clore la fin du mois à 34,74 $. Avec des investisseurs décidés à vendre des actifs risqués, les taux sur les obligations ont rapidement suivi le mouvement : les taux sur le U.S. Treasuries à 10 ans et le bund allemand à 10 ans sont tombés respectivement à 1,92 % et 0,32 %. Dans ce contexte, le dollar américain est resté relativement stable contre l’euro, mais a gagné du terrain contre les devises liées aux matières premières telles que le dollar canadien.

Après avoir nous avoir privé du rallye du père Noël (voir notre infolettre de décembre), le marché a fait main basse sur « l’effet Janvier », théorie selon laquelle les cours grimpent plus haut qu’à l’habitude durant les premiers jours du prmier mois de l’année, puisque les investisseurs rachètent les actions vendues en décembre pour optimiser leur fiscalité. Monsieur le Marché vient de démentir deux croyances largement répandues. Va-t-il maintenant remettre en cause les prévisions du Stock Trader’s Almanac? Peut-être que les actions retrouveront un rendement positif, lentement mais sûrement, ou bien elles reviendront en force à la dernière minute -à l’instar de nos équipes sportives préférées- ou peut-être pas du tout. Dans tous les cas, nous sommes prêts à affronter tous les scénarios et à faire les ajustements nécessaires en cours de route, comme devrait le faire une équipe bien entraînée.