En investissement, comme ailleurs, la protection fait partie de l’équation

En investissement, comme ailleurs, la protection fait partie de l’équation

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Jean-Michel Charette, Analyste senior, Investissements

jean-michel.charette@bluebridge.ca

En gestion de patrimoine, il en convient, la préservation de la valeur est notre objectif. Le patrimoine et les investissements s’envisagent de nos jours sur plusieurs monnaies entraînant dans la foulée une exposition à la volatilité des devises entre elles et au risque de fluctuation du taux de change. Il est donc important de comprendre qu’un investissement effectué dans une devise autre que sa devise de base ou de référence sera affecté, au fil du temps, par une modification du taux de change entre les deux devises. En revanche, il est possible de prendre les dispositions nécessaires et se prémunir contre le mouvement du taux de change s’il n’est pas désiré. Notez cependant que cette stratégie de couverture a un coût.

Chaque investisseur est concerné par les mouvements de devises et le désir de se protéger est tout à fait légitime. Vous devez prendre en considération plusieurs facteurs pour déterminer si une protection doit être mise en place ou pas. Parmi ceux-ci, citons la classe d’actif à investir, l’horizon de temps de l’investissement et le besoin en devises étrangères.

En général, les deux premiers éléments peuvent être reliés (classe d’actif et horizon de temps). Prenons un exemple pour mieux comprendre : un investissement en action est habituellement effectué pour une période de plusieurs années et le rendement espéré sur les actions étant normalement assez élevé, une protection vaut moins la peine puisque les mouvements de devises sont souvent peu importants à long terme. Le coût de la protection viendrait potentiellement réduire le rendement espéré, donc le désir de protection devrait être moins élevé. Par contre, dans le cas des investissements en obligations, une telle protection peut s’avérer avantageuse, car ce placement est moins risqué et sa visée est de plus court terme. La protection en atténuant le risque peut être justifiée.

Finalement, avec l’ouverture des frontières, nos besoins pour de la liquidité étrangère sont de plus en plus élevés donc il n’est pas toujours nécessaire de se couvrir contre le risque de change. Dans un autre ordre d’idées, l’investissement dans plusieurs devises différentes apporte une belle diversification à un portefeuille de placement. En fin de compte en pondérant le besoin de faire appel à une couverture du risque de change, il est aussi important de considérer les facteurs macroéconomiques lors de la couverture.

Couverture ou non, la prérogative est de favoriser la souplesse et un œil attentif sur les facteurs macroéconomiques qui interfèrent.