Comment se constituer une cave à vin intéressante ?

Comment se constituer une cave à vin intéressante ?

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Jonathan Primeau, auteur invité

CELLART.CA

Julie Elmlinger

Directrice, Affaires juridiques et corporatives

Julie.Elmlinger@bluebridge.ca

     Cette question en sous-entend deux autres bien distinctes : (1) Quels sont les acquisitions  et les placements intéressants en matière vinicole pour un investisseur et (2) Quelles sont les acquisitions intéressantes pour un collectionneur ? Les réponses dépendent de l’objectif recherché : Veut-on se constituer une cave à vin pour sa consommation personnelle et ou préfère-t-on effectuer des placements ou acquisitions présentant un fort potentiel de retour sur investissement ?

D’abord, il faut savoir que peu de produits vinicoles ont un potentiel de revente à profit. Cela dit, le marché du vin peut être très attractif en ce qu’il peut permettre aux investisseurs de prendre des risques maîtrisés et rentables, à condition toutefois de bien faire ses devoirs au préalable.

 

Si l’on veut surtout enrichir son patrimoine de manière qualitative et à des fins de consommation personnelle, investir dans les grands crus est intéressant dans la mesure où l’on consacre un environnement dédié et optimal pour la conservation des bouteilles. Par exemple, un vin de garde ne se bonifiera dans le temps que s’il est conservé dans des conditions de température, d’humidité, de luminosité et de vibration contrôlées.

L’engouement que le vin suscite d’un point de vue investissement peut s’expliquer par les performances passées du marché des grands crus. L’indice des 100 plus grands crus français, Winedex 100, a connu une croissance historique respectable : https://www.idealwine.com/fr/tendances_marche/informations-indice-winedex-100.jsp. Cela dit, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un placement risqué, peu liquide et avec un horizon à long terme. Le vin est un actif dont la rareté est créée par le passage du temps et cela a une incidence sur sa valeur.

 

Quelques conseils :

  • Être passionné et amoureux du vin et se fier aux conseils d’un professionnel. La sélection des vins et des millésimes revêt la plus haute importance ici.
  • Si vous choisissez de faire vieillir votre vin vous-même, opérez un contrôle qualité. En effet, il s’agit d’un produit vivant. Les bouteilles ne se revendront que si elles sont dans un état impeccable, autant sur le plan du contenu que du contenant (en particulier l’étiquette).
  • Assurez vos actifs.
  • Gérez votre inventaire activement. Chaque bouteille a une période optimale de dégustation qu’il est sage de ne pas dépasser avant de la consommer ou de la revendre.
  • Développez la bonne stratégie fiscale en tenant compte de la gestion des dons, de la revente et du transport, le tout dans le respect des règles dans chaque pays.
  • Apprenez à identifier les sources fiables d’approvisionnement. A titre d’exemple, c’est essentiellement via les enchères que vous pourrez vous procurer les plus prestigieux domaines de Bourgogne produisant peu de bouteilles, des millésimes anciens et des formats plus rares tels que des magnums et des jéroboams.

 

Selon The Wealth Report 2017[1], le volume d’investissements dans les bouteilles de vins ont dépassé ceux réalisés dans les voitures classiques et ont pris le podium du Knight Frank Luxury Investment Index en 2016, avec une croissance de 24 % en 12 mois. Cet actif liquide vaut peut-être la peine d’être considéré, aux côtés des œuvres d’art et des voitures, dans votre portefeuille d’investissement.

 

[1] Andrew SHIRLEY, The Wealth Report, Knight Frank, 2017, p. 50.