Le monde vu par…

Le monde vu par…

Alain Roch

Alain E. Roch, MBA

Président et chef de la direction

Alain.Roch@bluebridge.ca

Alors que l’information circule à une allure vertigineuse de nos jours, nous nous sommes donnés comme mandat en ce premier mois de l’année de nous poser et de prendre le pouls sur l’environnement économique et politique de résidents à travers le monde. Voici leurs regards sur l’actualité.

À la plume de cet article, vous retrouverez :

  • Alain E. Roch, Président-Fondateur et CEO de Blue Bridge pour le Canada
  • François Letaconnoux, Président et CEO de Lepercq, de Neuflize & Co. Incorporated pour les États-Unis
  • Un gestionnaire au Japon
  • Cédric Cayla, Associé / Vice-président, Blue Bridge – Europe pour la Grande-Bretagne
  • Nicole Bovard, Fondée de pouvoir | Directrice administrative – Bureau de Lausanne pour la Suisse

 Question : Quels sont les événements économiques marquants de votre pays en 2018 et quelles ont été leurs conséquences ?  

Canada : La légalisation de la consommation de marijuana au Canada, un des événements marquants de 2018, aurait dû ajouter de la croissance et de la richesse à l’économie. Cependant, la pénurie et les ruptures de stock qui suivirent ont poussé les consommateurs frustrés vers le marché noir.

États-Unis : L’évènement socio-économique de ces derniers 24 mois le plus marquant est la façon dont les élites et autres experts aux États-Unis et en Europe ont mal jugé l’impact des malheurs économiques de 50 % de la population. L’érosion de richesse a conduit à la montée du populisme à travers le monde. L’histoire nous enseigne que le populisme n’a jamais favorisé la stabilité politique et n’a jamais conduit à la croissance économique.

Japon : Le Japon n’a pas connu d’événement politique significatif en 2018, mais plutôt sur le plan économique. Les entreprises japonaises ont enregistré une croissance continue des recettes et des gains attribuables aux ventes. De façon générale, les entreprises japonaises sont conservatrices et font preuve de prudence à l’annonce de résultats prévisionnels en raison de l’impact négatif considérable d’une révision à la baisse des gains anticipés sur le prix des actions. Malgré tout, en novembre dernier, la plupart des entreprises japonaises ont révisé les résultats anticipés à la hausse pour l’exercice en cours. Ces résultats seraient liés à la croissance de la consommation domestique. Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à 2022-2023, motivée par la contribution de la génération des « enfants des baby-boomers » à la croissance économique du Japon.

Grande-Bretagne : Même si nous pouvons présenter des arguments convaincants pour expliquer que 90 % des classes d’actifs ont affiché des rendements négatifs en 2018 en raison de politiques populistes (Brexit, instabilité du gouvernement italien, élections mexicaines et guerre de tarifs internationale),  la genèse de ces performances négatives est peut-être plus simple : le taux de rendement des bons du trésor américain de 2 ans, soit le taux d’actualisation mondial, a augmenté de près de 100 points de base l’année dernière.

Il faudra dons se rappeler que 2018 fût l’année ou les différents programmes d’assouplissement quantitatif mondial (ou « QE ») ont commencé à prendre fin. Cette entrée dans un environnement de normalisation monétaire a eu comme effets de pousser les investisseurs vers des actifs moins risqués, d’augmenter les coûts d’emprunt et surtout de traîner à la baisse le prix d’actifs risqués.

Suisse : Les faits marquants de 2018 sont la baisse des cours sur tous les marchés et surtout l’absence d’actifs refuges (même l’or), ce qui pousse les investisseurs à investir de plus en plus dans des actifs réels, comme l’immobilier