Fertiliser le désertun exemple israélien

Fertiliser le désertun exemple israélien

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Alain E. Roch, MBA

Président et Chef de la Direction

Alain.Roch@bluebridge.ca

Fertiliser le désert: un exemple israélien

Grâce à de nouvelles méthodes de micro-irrigation, des grenadiers poussent en plein Néguev, région désertique qui couvre 60% du territoire israélien. En quelques décennies, Israël a atteint l’autosuffisance dans sa production de fruits et de légumes, de produits laitiers, de volail­les et d’œufs et exporte son savoir-faire dans le monde entier, y compris dans les pays en développement.

La micro-irrigation consiste à amener l’eau au goutte-à-goutte au pied des plantes, grâce à un réseau de fins tuyaux percés au lieu d’inonder les champs par intermittence. Les végétaux sont irrigués en continu directement à la racine et les pertes dues à l’évaporation sont moindres. « Avec la micro-irrigation, 90% à 95% de l’eau va dans la plante, contre 40% à 60% avec une irrigation classique », souligne Natan Barak, directeur commercial de Netafim qui détient 30% du marché mondial de la micro-irrigation. Grâce à cela, seuls 57% de l’eau consommée en Israël servent à l’agriculture, alors que la moyenne est de 69% au niveau mondial. La micro-irrigation permet également de doubler la productivité des cultures.

Depuis une dizaine d’années, Israël mise également beaucoup sur la désalinisation de l’eau pour diversifier et accroître ses ressources hydriques. Dès cette année, 75% de l’eau potable proviendra de la mer. Le revers de la médaille, c’est que cette technologie, qui coûte jusqu’à dix fois plus cher que de pomper l’eau dans les nappes phréatiques, est aussi très gourmande en énergie. Il faut au minimum 3,2 kilowattheures pour obtenir 1000 litres d’eau potable, ce qui représente la moitié des coûts de production. En outre, l’usine génère chaque jour plus de 30 tonnes de déchets, des saumures dont la plupart sont mises en décharge et 7% rejetées à la mer.

Par ailleurs, Israël recycle 85% de ses eaux usées, lesquelles assurent la moitié des besoins de l’agriculture. À titre de comparaison, l’Espagne atteint un taux de 15%… Israël se veut à la pointe en termes de gestion durable de l’eau et ambitionne de jouer un rôle de premier plan au niveau international.

Cependant, pour plusieurs pays qui sont confrontés à la rareté de l’eau et aux sécheresses provoquées par le réchauffement climatique, le défi est aussi de trouver les moyens d’acquérir et de mettre en œuvre ces technologies qui s’avèrent très coûteuses.

Pour remédier à cette difficulté, la Commission européenne a présenté le 18 octobre dernier le premier partenariat de recherche en Méditerranée visant à développer des solutions innovantes « nécessaires pour une gestion durable de l’eau et de la production alimentaire ». Ce partenariat, baptisé Prima, débutera en 2018, pour une durée de dix ans. Il inclut déjà la participation de plusieurs pays riverains : la France, Chypre, l’Égypte, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, Israël, le Liban, le Maroc, le Portugal et la Tunisie, mais aussi le Luxembourg et la République tchèque. Les États participants contribueront au partenariat par un apport d’environ 200 millions d’euros.

Aujourd’hui, 180 millions d’habitants du bassin méditerranéen sont considérés comme « pauvres en eau ». « En plus de mieux approvisionner les populations locales en eau potable et en denrées alimentaires, Prima stimulera l’économie de la région et créera des emplois […]. La recherche et l’innovation vont jouer un rôle crucial dans la lutte contre les causes de l’immigration », a déclaré Carlos Moedas, commissaire européen à la recherche, la science et l’innovation.

Sources :

http://www.tdg.ch/monde/Israel-face-au-defi-de-l-eau/story/25915702

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/11/19/004-israel-eau-solution-desert-neguev-climat.shtml

http://www.valeursvertes.com/israel-relever-le-defi-de-leau/